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La France bat des records d’exportation d’électricité : chiffres-clés et stratégies d’achat des entreprises

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La France bat des records d’exportation d’électricité : chiffres-clés et stratégies d’achat des entreprises

Mis à jour le

February 11, 2026

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pylônes haute tension

En 2022, la France avait dû importer de l’électricité. 

Après cette année hors norme, la barre a été redressée en un temps record. 

En 2025, l’Hexagone a non seulement retrouvé son rôle historique d’exportateur, mais a franchi un seuil jamais atteint. 92,3 TWh d’électricité ont été exportés, hissant la France au premier rang européen.  

Ce chiffre traduit un retour en force de la production électrique française, favorable à la baisse des prix du marché et à la compétitivité industrielle. Mais ce record révèle aussi un déséquilibre structurel et le retard de la France dans l’électrification des usages.  

Entre compétitivité industrielle, changement des stratégies d’achat et impératif de décarbonation, Sirenergies analyse les enjeux cachés derrière ces exportations d’électricité historiques. 

Exportations d’électricité : pourquoi la France est la"pile électrique" de l’Europe ?

Un record historique : 92,3 TWh d’électricité exportés en 2025

Avec 92,3 térawattheures (TWh), la France atteint en 2025 un niveau inédit d’exportations d’électricité. 

Ce volume dépasse de 3,5 % le précédent record de 2024 (89 TWh). Il relègue loin derrière la référence historique de 2022 (77 TWh).

Pour mesurer l’ampleur de cette performance, la comparaison est éclairante : 

« On parle ici de volumes considérables : 92 TWh c’est plus que la consommation annuelle d’un pays comme la Belgique », rappelle Thomas Veyrenc, directeur général économie de RTE. 

La France, exportateur historique d’électricité

Ce nouveau record confirme une tendance de long terme. 

Depuis plus de vingt ans, la France est exportatrice nette d’électricité en Europe.  

Une seule année rompt cette continuité : 2022. La France avait alors dû importer de l’électricité.

En cause : une baisse de la production nucléaire (liée au phénomène de corrosion sur plusieurs réacteurs), combinée à de fortes tensions sur les marchés de l’énergie. 

Depuis 2023, la dynamique s’est inversée. 

Les années 2024 et 2025 marquent un véritable changement d’échelle, avec des volumes d’exportation jamais observés auparavant. 

Cette dynamique se traduit par des recettes commerciales excédentaires : 5 milliards d’euros en 2024 et 5,4 milliards d’euros en 2025. 

graphique des échanges d'électricité entre la France et ses voisins entre 1953 et 2024
Source : Revue annuelle de l'électricité 2024, RTE.

Les pays voisins, premiers bénéficiaires des exportations françaises

Grâce à un réseau européen fortement interconnecté, les exportations d’électricité françaises bénéficient directement aux pays frontaliers. 

Ces interconnexions équilibrent le système électrique européen, en absorbant les excédents de production et en limitant les tensions sur les marchés. 

Carrefour électrique européen, la France alimente en premier l’Italie, principale bénéficiaire des exportations. Viennent ensuite l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni et la Suisse. Les échanges restent globalement équilibrés avec l’Espagne. 

Pays partenaire Exportations vers le pays (TWh) Importations depuis le pays (TWh) Solde net (Export)
Italie 26,3 < 0,1 +26,2
Allemagne / Belgique 26,2 3,1 +23,1
Grande-Bretagne 23,2 0,6 +22,6
Suisse 20,2 0,1 +20,1
Espagne 7,6 7,4 +0,2
France 103,6 11,3 +92,3

Source : BILAN ÉLECTRIQUE 2025, RTE.

Pourquoi la France exporte-t-elle autant d’électricité ? Les trois piliers du succès électrique français

Le record des exportations françaises d’électricité repose sur un déséquilibre structurel. La production nationale progresse, tandis que la demande intérieure reste atone. 

Le retour en force de la production nucléaire

Après les difficultés de 2022, la filière nucléaire s’est redressée. Les premiers chiffres d’EDF annoncent une production de 373 TWh en 2025, soit 11,3 TWh de plus qu’en 2024 (+3,1%).

Cette progression résulte : 

  • D’une meilleure disponibilité des réacteurs. 
  • D’une gestion maîtrisée des arrêts de tranche. 
  • D’une modulation accrue, permettant l’adaptation rapide du nucléaire aux variations de la demande et de la production renouvelable. 

Un mix renouvelable en expansion

En parallèle, les énergies renouvelables poursuivent leur montée en puissance : 

  • Hydroélectricité : avec 42,6 TWh en 2025, la production retrouve un niveau "normal", après une année 2024 exceptionnellement pluvieuse (- 15,8%) 
  • STEP : avec 6 TWh en 2025, les stations de transfert d’énergie par pompage enregistrent une année historique, dépassant de 400 GWh le précédent record de 2014. 
  • Éolien et solaire : si les chiffres définitifs sont encore attendus, les capacités de production progressent, avec plus de 7 GW installés en 2025 (5 GW de photovoltaïque, 1 GW d’éolien et 1 GW de biomasse et d’hydraulique). 

Une consommation électrique intérieure toujours atone

Face à cette production d’électricité élevée, la consommation nationale peine à suivre.

Selon les données provisoires de RTE, la production électrique française atteint 544 TWh en 2025. 

La consommation intérieure s’établit, quant à elle, à 449 TWh. Pour la troisième année consécutive, elle demeure inférieure d’environ 6 % à la moyenne observée entre 2014 et 2019. 

Cette atonie de la consommation s’explique par deux dynamiques : 

  • Une sobriété énergétique "subie", liée à des prix de l’énergie durablement élevés. 
  • Une sobriété énergétique "choisie", portée par des efforts volntaires d’efficacité énergétique et de réduction des émissions carbone. 

Graphique de la consommation corrigée des aléas métérologiques et calendaires
Source : BILAN ÉLECTRIQUE 2025, RTE.

Quel impact des exportations sur les prix de marché pour les entreprises ? 

Pour les entreprises, les niveaux de production et d’exportation ne sont pas qu’un indicateur macroéconomique. Ils constituent un signal clé pour les stratégies d’achat d’électricité. 

Pourquoi une production abondante favorise-t-elle des prix spot bas ? 

La logique du marché est implacable : lorsque l’offre (production) dépasse la demande (consommation), les prix baissent. 

L’excédent de la production électrique française exerce ainsi une pression à la baisse sur les prix de court terme du marché « spot »

Cette situation favorise des épisodes de prix bas, voire négatifs, favorables aux entreprises qui achètent à court terme.

Le Merit Order : un mécanisme qui amplifie la baisse des prix

Cette dynamique est renforcée par le mécanisme de l’ordre de mérite (Merit Order) qui régit le marché européen de l’électricité. 

Ce principe consiste à mobiliser les moyens de production par coût marginal croissant (coût supplémentaire nécessaire pour produire une unité additionnelle d’électricité). 

Concrètement : 

  • Les centrales aux coûts marginaux les plus faibles – éolien, solaire, hydraulique, puis nucléaire – sont appelées en priorité. 
  • Les centrales fossiles, plus coûteuses, ne sont activées qu’en dernier recours. 

Le prix de marché reflète le coût marginal de la dernière centrale mobilisée

Lorsque les centrales fossiles ne sont pas appelées, en raison d’une demande modérée et d’une production bas-carbone élevée, les prix sont mécaniquement tirés vers le bas.

Stratégie d’achat d’électricité : faut-il privilégier les offres à prix indexés ? 

Dans ce contexte de production excédentaire et de prix bas, les entreprises peuvent être tentées de revoir leur stratégie d’achat d’électricité. 

Les offres indexées sur le spot gagnent en attractivité. En profitant directement des périodes de prix bas, les entreprises peuvent générer des économies significatives. 

Cependant, cette stratégie n’est pas sans risques. Le marché spot reste un marché volatil, notamment en cas de pics de consommation ou de tensions sur la production. 

Une exposition totale au spot peut fragiliser les entreprises. 

Une stratégie équilibrée consiste souvent à combiner : 

  • Une part de prix indexés, pour profiter des opportunités de prix bas. 
  • Une part de contrats à terme ou à prix fixe, pour sécuriser les coûts et lisser les risques. 

Avec Sirenergies, trouvez le bon compromis entre opportunité et sécurité, selon votre profil de consommation, votre tolérance au risque et votre capacité de pilotage énergétique. 

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Défi 2026 : exporter l’électricité ou électrifier les usages ? 

Derrière les records d’exportation d’électricité se dessine un enjeu plus large : la capacité de la France à mettre ses excédents de production bas-carbone au service de la décarbonation nationale et européenne. 

L’électricité française, un levier de décarbonation pour l’Europe 

Produite à 95 % à partir de sources bas-carbone et renouvelables, l’électricité française joue un rôle-clé dans la transition énergétique européenne. 

Chaque mégawattheure exporté remplace souvent un mWh fossile, issu du charbon ou du gaz dans un pays voisin. Loin d’être marginales, les exportations françaises participent ainsi à la réduction des émissions européennes, tout en renforçant la sécurité d’approvisionnement. 

Un réseau de transport d’électricité à moderniser

Cette hausse des exportations met le réseau de transport sous tension. 

Pourtant robustes, les interconnexions européennes atteignent parfois leurs limites physiques lors des pics d’exportations.

RTE a engagé plusieurs projets d’interconnexions. L’objectif ? Soutenir des flux d’échanges élevés, sans compromettre la sécurité d’approvisionnement. Son Schéma Décennal de Développement du Réseau (SDDR) vise d’ici 2030 à : 

  • Augmenter les capacités d’export de 11 GW.
  • Augmenter les capacités d’import de 9 GW. 

Ces investissements s’accompagnent d’un renforcement du réseau national. 

L’enjeu ? Éviter que les capacités de transit interne deviennent des goulots d’étranglement aux frontières.  

Electrifier d’abord la France

Exporter de l’électricité bas-carbone est un atout. 

Mais les records d’exportation révèlent aussi un paradoxe : le retard pris par la France dans l’électrification de ses usages. 

L’Hexagone n’exploite pas pleinement son potentiel électrique bas-carbone pour sa propre transition énergétique. RTE souligne ce paradoxe dans son bilan électrique 2025 : 

« La consommation d’électricité de la France n’est pas alignée sur les objectifs de décarbonation et de réindustrialisation ». 

Le véritable défi consiste désormais à accélérer l’électrification des usages nationaux (transports, chaleur, procédés industriels). C’est tout l’enjeu du plan d’électrification annoncé par le gouvernement début 2026, qui devrait être au cœur de la future Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE).

Conclusion

Les records d’exportation d’électricité soutiennent la compétitivité des entreprises françaises grâce à des prix de marché plus bas. Mais elles mettent en lumière un paradoxe structurel : la France exporte massivement son électricité bas-carbone, plutôt que de la consacrer à sa propre décarbonation. 

Le défi des prochaines années sera double et délicat : il s’agit d’accélérer l’électrification nationale, tout en préservant l’équilibre du marché européen et la compétitivité industrielle. 

Dans cet environnement mouvant, lire les signaux du marché et anticiper les évolutions structurelles sont déterminants. C’est la clé pour sécuriser les achats d’électricité et maîtriser durablement les coûts. 

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