
February 5, 2026
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L’énergie nucléaire est de loin la source principale de production d'électricité en France. Le taux de disponibilité des parcs (le nombre de centrales en état de fonctionnement) est un indicateur fondamental à suivre afin de comprendre l'activité des marchés de l'énergie.
En ce début d'année 2023, plusieurs centrales nucléaires sont à l'arrêt, ce qui pousse les prix de l'électricité vers le haut depuis le printemps 2022. La raison principale de ces arrêts ? Des opérations de maintenance relatives à la sécurité des centrales nucléaires.
De manière générale, ces opérations sont prévues de longue date et sont étalées dans le temps. La crise sanitaire de 2020 a chamboulé ce calendrier et des événements conjoncturels se sont ajoutés à des opérations de maintenance chargées.
Dans cet article, nous allons comprendre comment se décline la stratégie de sûreté nucléaire afin de saisir les impacts qu’elle peut avoir sur les marchés de l'électricité.
L’énergie nucléaire est la source principale de production d'électricité en France. Elle désigne, de manière générale, la technologie qui permet de fissurer des atomes d'uranium afin de libérer une grande quantité d’énergie. La fissure d’un atome d’uranium provoque la fission d’autres atomes avoisinants, et ainsi de suite. Cette énergie est ensuite utilisée afin de faire tourner une turbine et ainsi produire de l'électricité.
L’eau est un élément central de ce dispositif. En effet, l'énergie dégagée par cette réaction vient chauffer de l’eau qui se transforme en vapeur ; cette vapeur va venir alimenter une turbine équipée d’aimants. La rotation de cette turbine va permettre la création de courant électrique.

Source : EDF
La structure d’une centrale nucléaire peut varier de par sa localisation géographique mais, de manière générale, elles se composent de 4 parties principales :
Les circuits primaires et secondaires sont indépendants l’un de l’autre. L’eau qui circule dans l’un des tuyaux n’est jamais en contact avec d’autres parties de la centrale. Ces eaux sont ensuite renouvelées.
Cette source de production est peu émettrice de CO₂ (mis à part la phase de construction), mais elle est également pilotable, ce qui fait d’elle une énergie parfaite afin d’accompagner la transition énergétique.
La question du démantèlement des centrales et de la gestion des déchets reste tout de même importante et interroge sur cette source de production sur le long terme. Vous l’aurez compris, la sécurité et la sûreté de nos centrales sont l'élément clé lorsqu’il s’agit d’évaluer les bénéfices de l’énergie nucléaire.
Il faut tout d’abord différencier les actions de sécurité civile de celles de sûreté nucléaire :
La sûreté nucléaire est décrite dans les termes suivants par l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) :
« La sûreté nucléaire est l'ensemble des dispositions techniques et des mesures d'organisation relatives à la conception, à la construction, au fonctionnement, à l'arrêt et au démantèlement des installations nucléaires de base, ainsi qu'au transport des substances radioactives, prises en vue de prévenir les accidents ou d'en limiter les effets. »
Il existe de nombreux protocoles mis en place afin d’assurer que le fonctionnement de la centrale ne présente aucun danger de fuite radioactive. Ils décrivent les différentes lignes de défense successives qui se mettent en place en cas de situation accidentelle. C’est ce que l’on appelle la défense en profondeur.
On retrouve les différents niveaux d’intervention dans le schéma ci-dessous :

Comme toute activité industrielle, le risque existe et doit être mesuré et géré afin de garantir la protection des personnes et des biens. Il s’agit même d’un sujet de sécurité nationale.
Les centrales nucléaires ne relèvent pas de la directive SEVESO. À la conception des premières centrales, des accidents tels que Fukushima au Japon n'étaient pas forcément imaginés.
Les politiques de sûreté nucléaire ont évolué à travers le temps afin d'arriver à des contrôles de plus en plus stricts.
Aujourd’hui, l’ASN publie ses différentes opérations de maintenance prévues sur l’ensemble des centrales françaises.
La crise sanitaire du Covid-19 a considérablement ralenti le calendrier de maintenance ; ce retard est actuellement en train d'être compensé sur les années 2022, 2023.
La sûreté nucléaire est organisée autour de fonctions et de barrières de sûreté. Il existe trois types de fonctions de sûreté :
Les barrières de sûreté sont érigées expressément afin de gérer le troisième risque. Pour cela, il existe trois types de barrières indépendantes : Gaine du combustible, cuve du réacteur et enceinte de confinement.
Ces barrières visent à rendre hermétiques à la fois l’uranium, l’eau de refroidissement, le cœur du réacteur ainsi que le réacteur en lui-même. Ce système a été conçu en imaginant plusieurs événements initiateurs et les scénarios qui s’en découlent, pouvant conduire à des conséquences graves pour l’homme ou l'environnement.

Source : ASN
En France, la sûreté nucléaire concerne de nombreux acteurs dépendants les uns des autres. On distingue les exploitants, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) et ses commissions d’experts, les autorités publiques (parlement) et enfin, les associations citoyennes.
L’État a créé l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) afin de garantir un niveau d’exigence et de sûreté nucléaire suffisant sur le territoire français.
À l’image de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), il s’agit d’une autorité administrative indépendante de l’État. Sa mission principale est de s’assurer qu’EDF, en tant qu’exploitant, respecte les exigences de la réglementation en matière de sûreté nucléaire.
Ses trois missions principales sont les suivantes :
Cette autorité donne son avis sur les différents scénarios d'aléas étudiés par EDF et a le pouvoir de déclencher des opérations de maintenance ou d’étude sur l’intégralité du parc nucléaire.
Ces opérations ont une importance capitale pour la sécurité des citoyens français et européens, mais ont également des répercussions importantes sur les marchés de l'électricité. Aujourd’hui, le contrôle de l’ASN ne se cantonne pas au respect de critères techniques ; son contrôle s’étend aux enjeux organisationnels et humains des centrales nucléaires.
EDF est l’exploitant des centrales nucléaires en France. C’est le principal acteur et responsable de la sûreté de ces actifs industriels cruciaux pour le fonctionnement de notre société. Il est soumis à toute la réglementation évoquée précédemment, suivie de près par l’ASN et les autorités publiques.
Au-delà d’assurer le fonctionnement actuel des centrales, EDF est également chargé d’allonger la durée de vie des centrales nucléaires. Un processus de maintenance, de sécurité et de qualité est essentiel pour prolonger la durée de vie, évaluée initialement à 40 ans minimum.
Les centrales font l’objet de visites décennales obligatoires. Ces « check-up » sont programmés de manière à ne pas affecter la disponibilité moyenne du parc. La situation que l’on connaît aujourd’hui est exceptionnelle au regard des cinquante dernières années.
Créée en février 1999, l'Association des autorités de sûreté nucléaire des pays d’Europe de l’Ouest (WENRA - Western European Nuclear Regulators Association) est une association indépendante, qui met en œuvre et diffuse des protocoles et des réglementations de sûreté nucléaire harmonisés.
Au niveau européen, la WENRA promeut l'harmonisation des réglementations nationales de sûreté nucléaire entre les différents États membres.
L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) est un établissement public à caractère industriel et commercial français (EPIC) sous la tutelle des ministères de l'Énergie, de l’Environnement et de la Défense.
L’IRSN mène des travaux de recherche et d’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques. C’est l'institut qui étudie notamment les effets des rayonnements ionisants sur la santé. Ces conclusions et avis viennent alimenter les décisions juridiques et opérationnelles prises par l’ASN.
La sûreté nucléaire est un sujet majeur en France et dans chaque pays exploitant cette technologie. Il convient de suivre les protocoles émis au niveau national ainsi qu’au niveau européen. Les risques en matière de sécurité et de sûreté sont évoqués par les détracteurs de cette source de production ; cependant, les incidents sont rares depuis sa création.
Il est certain que l’énergie nucléaire sera l’énergie de transition en France ; le fait qu’elle soit pilotable et sans émissions directes de CO₂ est un atout majeur. Il est important de maintenir un cadre de sûreté efficace afin d’atteindre les objectifs environnementaux et de réussir le défi climatique.
Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter notre article sur l’histoire de l’énergie nucléaire en France.

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Le VNU repose sur les revenus excédentaires d'EDF.
Si les prix de marché dépassent les coûts de production du nucléaire (estimés à 60,3 €/MWh), EDF reverse une partie de ses profits à l'État.
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L'abondance de production française tire les prix du marché de gros vers le bas.
En vertu du mécanisme de l'Ordre de Mérite (Merit Order), les centrales les moins coûteuses (nucléaire, renouvelables) couvrent la demande plus souvent, évinçant les centrales à gaz ou charbon plus onéreuses.
Cela multiplie les épisodes de prix bas, voire négatifs, sur le marché spot.
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C'est l'indicateur d'efficacité d'un appareil électrique ; il représente le ratio entre la puissance active (utile) et la puissance apparente (totale).
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Les entreprises tertiaires sont concernées par des taxes comme la TICFE ou la TICGN. Sirenergies vérifie l’exactitude des factures, identifie les exonérations possibles et aide à corriger les erreurs pour réduire durablement les coûts.
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Le processus repose sur l'utilisation de la force de l'eau (énergie cinétique) issue des courants, des chutes d'eau ou des dénivelés. Le fonctionnement suit trois étapes clés :
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Les collectivités sont soumises à des taxes comme la TICFE ou la TICGN. Sirenergies analyse les factures, identifie les possibilités d’exonération et corrige les erreurs éventuelles pour réduire la charge fiscale.
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Ce sont des signaux envoyés par RTE lors des périodes de tension sur le réseau électrique. L’outil Sirenergies vous informe en temps réel pour anticiper vos usages.
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L'ARENH n'est pas remplacé par un dispositif unique, mais par une combinaison de mécanismes visant à stabiliser les prix.
Le principal est le Versement Nucléaire Universel (VNU), un système de redistribution qui s'appliquera à tous les consommateurs. Pour les très gros sites industriels (> 7 GWh/an), des contrats de long terme spécifiques, les CAPN (Contrats d’Allocation de Production Nucléaire), sont également proposés par EDF.
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Le dispositif ARENH a laissé place au VNU (Versement Nucléaire Universel).
Ce changement structurel expose davantage les entreprises aux prix de gros, rendant la gestion des risques plus complexe qu'auparavant.
Il devient alors indispensable de définir une stratégie d'achat d'électricité avec Sirenergies pour lisser l'impact de la volatilité des marchés sur votre budget.
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Le seuil est désormais fixé à 2,75 GWh (10 TJ) de consommation annuelle moyenne. Anticipez et suivez vos consommations dès maintenant avec Pilott.
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La réussite d'un projet collectif énergie repose sur trois piliers fondamentaux :
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L’industrie est concernée par la TICFE, la TICGN et d’autres contributions qui peuvent représenter une part importante des factures. Sirenergies identifie les cas d’exonération et accompagne les démarches pour en bénéficier.
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Les exploitations sont soumises à des taxes comme la TICFE ou la TICGN. Sirenergies vérifie leur application, identifie les cas d’exonération et accompagne les démarches pour réduire la charge fiscale.
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Oui, elle est considérée comme une énergie renouvelable à faibles émissions de gaz à effet de serre.
De plus, l'eau ne subit aucune transformation chimique durant le cycle de production et réintègre son milieu naturel en aval.
Cependant, la construction de barrages nécessite des mesures pour protéger les écosystèmes (débit minimum, passes à poissons).
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Les entreprises du tertiaire doivent gérer leurs coûts d’énergie tout en garantissant le confort des usagers (bureaux, commerces, services). Les consommations sont souvent liées au chauffage, à la climatisation et à l’éclairage, ce qui nécessite un suivi précis pour éviter les dérives budgétaires.
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Un dépassement de puissance entraîne des pénalités financières et peut impacter le dimensionnement du contrat. Ajuster correctement la puissance souscrite permet d’éviter ces coûts supplémentaires.
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Le transport (RTE) correspond aux "autoroutes" de l’électricité. Il s’agit de transporter de très grandes quantités d'énergie sur de longues distances, depuis les centrales de production (nucléaires, barrages, parcs éoliens offshore) vers les régions de consommation.
La distribution (Enedis) s'apparente aux "routes départementales" et aux rues. Elle récupère l'électricité à la sortie du réseau de transport pour la livrer directement chez le client final, en abaissant la tension pour qu'elle soit utilisable par vos appareils.
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Une certification ISO 50001 (Système de Management de l'Énergie) permet d'être exempté.
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Le sourcing consiste à identifier et analyser les offres de plusieurs fournisseurs d’électricité et de gaz. Cette démarche permet d’obtenir des contrats adaptés au profil de consommation et aux contraintes budgétaires de l’entreprise.
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Ce record de 92,3 TWh s'explique par la conjonction de trois facteurs :
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Il est possible de réduire votre facture énergétique de 10 à 15 % de manière immédiate sans réaliser de travaux lourds. Ces économies reposent exclusivement sur la sobriété énergétique et le changement de comportement des collaborateurs.
À titre d'exemple, le chauffage représente environ 50 % des consommations d'un bâtiment tertiaire : baisser la température de seulement 1°C permet de réduire la consommation de 7 %. De même, l'extinction systématique des lumières et la mise hors tension des équipements informatiques (ordinateurs, serveurs non critiques) permettent d'éliminer des gaspillages qui représentent souvent 40 % des dépenses inutiles.
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Les entreprises concernées doivent finaliser leur audit au plus tard le 11 octobre 2026.
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Parce que la puissance souscrite en kVA détermine le prix de l'abonnement et que tout dépassement peut entraîner des surcoûts importants.
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Le €/MWh est une unité de prix utilisée sur les marchés de gros, tandis que le kWh est l’unité visible sur vos factures.
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L'amende peut atteindre 2 % du chiffre d'affaires hors taxes de l'entreprise.
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Le kVA mesure la capacité maximale que votre compteur peut supporter à un instant T, tandis que le kWh mesure la quantité d'énergie consommée sur une durée.
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Oui, sous certaines conditions de taille.
Depuis le 1er février 2025, le critère de puissance a été supprimé.
Pour être éligible, votre entreprise ou collectivité doit compter moins de 10 salariés et réaliser un chiffre d’affaires (ou des recettes) inférieur à 2 millions d’euros.
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Un appel d’offres permet de mettre en concurrence plusieurs fournisseurs d’électricité et de gaz afin d’obtenir des conditions contractuelles optimisées. C’est une démarche transparente qui permet de choisir l’offre la plus adaptée aux besoins budgétaires et techniques de l’organisation.
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Certaines entreprises peuvent obtenir une exonération partielle ou totale de la TICFE ou de la TICGN, en fonction de leur activité et de leur intensité énergétique. L’accompagnement d’un expert permet d’identifier les critères d’éligibilité et de monter le dossier.
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Une facture se compose de plusieurs éléments : consommation, part fournisseur, taxes et contributions. L’analyse de chaque ligne permet d’identifier d’éventuelles erreurs et de vérifier la cohérence avec le contrat signé.
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Le calendrier 2026 impose deux échéances majeures :
Pour simplifier ces démarches, vous pouvez centraliser vos données de consommation avec la plateforme Pilott de Sirenergies, garantissant ainsi la conformité de vos rapports réglementaires.
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Cela permet de choisir le bon moment pour contractualiser, sécuriser vos budgets et anticiper les hausses.
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En 2025, la France a atteint un solde exportateur net de 92,3 TWh, battant le précédent record de 2024 (89 TWh).
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La puissance souscrite doit être calculée en fonction du profil de consommation et des usages (chauffage, process industriels, équipements tertiaires). Une analyse fine permet d’assurer l’adéquation entre besoin réel et contrat.
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Parmi les taxes figurent la TICFE, la TICGN, la CTA, la CJA et le TURPE. Elles représentent une part significative de la facture et varient selon les profils de consommation. Bien les comprendre est essentiel pour optimiser les coûts.

