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Pollution numérique : Quelle est l'empreinte carbone du numérique ?

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Environnement

Pollution numérique : Quelle est l'empreinte carbone du numérique ?

Mis à jour le

February 5, 2026

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En mai 2022, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher a déclaré qu’envoyer un e-mail avec une pièce jointe à plusieurs destinataires consomme plus d’énergie que de laisser la lumière allumée.

Évidemment, cela dépend de nombreuses variables telles que le prix de l’énergie, les ampoules, la surface… Il n’y a d’ailleurs aujourd'hui pas de consensus général sur l’estimation du coût énergétique d’un seul mail.

Dans le combat contre le changement climatique, aucun sujet ne doit être éludé et l’impact sur l’environnement du numérique se doit d'être étudié avec attention afin de créer des data centers et des réseaux informatiques toujours plus résilients. Quel est l’impact de ce secteur sur les émissions de gaz à effet de serre ?

Qu'est-ce que la pollution numérique ?

Pollution numérique : Définition

La pollution numérique désigne tous les impacts du secteur de l’informatique et des technologies de l’information sur l’environnement. Au sens large, cela désigne la construction, l’utilisation et le recyclage (ou non) de toutes les technologies numériques et leurs impacts.

Ces impacts sont divers tels qu’émissions de gaz à effet de serre dans tous les différents processus du cycle de vie des produits. Mais il peut également s’agir de contamination chimique, disparition d'espèces et de biodiversité, production de déchets électroniques, etc.

Le numérique est-il un des secteurs les plus polluants ?

Aujourd’hui, la part du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre est réduite. Le groupe de réflexion The Shift Project estime que l’empreinte carbone du numérique représentait 4 % du total des émissions en 2019.

Pour l’instant, il ne concurrence pas les secteurs industriels ; cependant, dans les années à venir, l’utilisation de technologies énergivores telles que la réalité augmentée, l'intelligence artificielle, le métavers, le streaming vidéo haute qualité va accentuer ce phénomène.

Aujourd’hui, le streaming vidéo représente près de 60 % des flux internet descendants du monde entier. Le numérique n’est pas encore un secteur responsable d’une part importante des externalités négatives.

On dénote néanmoins que lors du premier confinement lié à la crise du covid en mars 2020, l’Union européenne avait exigé des entreprises responsables des plateformes de streaming (Amazon, Netflix) de réduire leurs débits et la qualité de leurs vidéos.

Comment le numérique pollue-t-il l'environnement ?

La pollution engendrée par le fonctionnement du réseau internet

Le réseau internet est constitué de nombreux composants comme des câbles, des serveurs, des ordinateurs… Ces composants doivent être fabriqués, mais leurs usages ont également un coût environnemental.

Le streaming vidéo représente une part galopante des flux de données internet ; il faut s'intéresser au mix énergétique des pays qui hébergent ces centres de données. En effet, si ces derniers utilisent des énergies fossiles, leur développement spectaculaire peut engendrer des émissions de gaz à effet de serre, mais également des pénuries de composants.

Le streaming vidéo représenterait près de 1 % des émissions de CO2 au niveau mondial.

La pollution engendrée par la fabrication de nos appareils numériques

Tous ces appareils numériques doivent être fabriqués, et cela, à un coût écologique. En effet, la plupart des composants technologiques sont fabriqués en Asie, le charbon reste la matière première principale en matière de production d'électricité.

Le tissu industriel de ces régions est majoritairement alimenté par des énergies fossiles. En conséquence, ces usines d’électronique et de semi-conducteurs rejettent une importante quantité de CO2 dans l’atmosphère.

La sobriété numérique est un véritable sujet et une solution en ce qui concerne les appareils de grande consommation. La consommation de smartphones à outrance peut ainsi générer des pénuries de matières premières. Aujourd’hui, les stocks ne sont plus sous tension ; cependant, l’actualité nous a montré que la situation peut évoluer rapidement.

La pollution numérique des data centers et de l'hébergement

Qu’est-ce qu’un data center ? Il s’agit d’un centre qui héberge des serveurs qui stockent les millions de données informatiques.

Ces installations, qui peuvent être étendues en termes de surface, sont de gros consommateurs d’électricité :

Ces installations consomment énormément d’énergie. C’est pour cette raison que Google, le géant des moteurs de recherche, a décidé de créer une filiale spécialisée en fourniture d'électricité. De cette manière, les coûts sont réduits : Google, qui consomme plus de 15 TWh d'énergie (2020), y trouve un réel intérêt.

On estime aujourd’hui que les data centers représentent environ 1,5 % de la consommation électrique mondiale.

Le développement du télétravail

Nous l’évoquions plus tôt dans cet article, l’augmentation des objets numériques du quotidien tels que les ordinateurs, les écrans, les smartphones fait courir un risque à l'ensemble de la chaîne de production électronique.

La crise du coronavirus a permis l’émergence du télétravail de masse. En effet, ce mode de vie connaît un succès important dans de nombreuses entreprises ; cependant, il nécessite de solides réseaux internet.

De nombreuses entreprises ont dû s'adapter en renforçant l’accès à leurs serveurs à distance. Ce mode de vie va connaître une expansion qu’il faut prendre en compte dans le dimensionnement des nouveaux réseaux.

L'impact de la 5G

La 5G est une nouvelle technologie de téléphonie mobile. Fondamentalement, en termes d’énergie, la 5G est plus efficace et consomme moins (pour un usage équivalent) que son prédécesseur la 4G.

Cependant, le volume de données qui va être traité par ce système est beaucoup plus important. Ce volume de données à traiter va induire une augmentation de la consommation d'électricité.

Ce système, pour être opérationnel, nécessite de nouveaux équipements et infrastructures réseaux. Ce nouveau matériel renforce les risques de pollution numérique cités précédemment.

Comment tendre vers une sobriété numérique dans son entreprise ?

La question de la sobriété énergétique est une des clés de la transition énergétique. Il s’agit d’un sujet trop oublié, mais crucial pour la réussite de nos objectifs en matière d’énergie et d’environnement.

Pour cela, il faut lutter contre le gaspillage et réduire nos consommations lorsque cela est possible. Le secteur du numérique s’inscrit pleinement dans ces principes si l’on cherche des solutions à court et moyen terme.

Il existe des solutions telles que la limitation de la qualité des vidéos visionnées, ou encore le changement de ses habitudes avec une utilisation modérée des smartphones.

Cependant, il apparaît plus efficace de se pencher du côté des équipements physiques. La société actuelle nous pousse à toujours consommer plus en achetant de nouvelles versions.

Il est important de savoir faire la part des choses en conservant ses appareils durant tout leur cycle de vie. La production de déchets électroniques est l’un des grands risques inhérents au développement du secteur.

Les objets connectés vont se multiplier en augmentant toujours plus les quantités de données à traiter par les data centers. L’usage massif de ces technologies engage des débats quant au design des futures infrastructures.

Certaines entreprises sont à la pointe de la recherche et développent des solutions bas carbone afin de garantir le caractère durable et la neutralité carbone des installations de télécommunications.

Les actions à mener en termes de sobriété énergétique sont colossales et ne peuvent être portées uniquement par des initiatives privées. Les pouvoirs publics ont leur rôle à jouer dans la promotion de la sobriété et la réduction de nos consommations.

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Par Emmanuel Sire, co-fondateur de Sirenergies

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Les réponses à vos questions

Quelles sont les nouvelles obligations pour le Décret Tertiaire et l'Audit Énergétique ?

Le calendrier 2026 impose deux échéances majeures :

  • la déclaration des consommations 2025 sur la plateforme OPERAT avant le 30 septembre
  • la réalisation d'un audit énergétique avant le 11 octobre pour toutes les entreprises consommant plus de 2,75 GWh/an.

Pour simplifier ces démarches, vous pouvez centraliser vos données de consommation avec la plateforme Pilott de Sirenergies, garantissant ainsi la conformité de vos rapports réglementaires.

Quel est le nouveau seuil de consommation pour l'audit en 2026 ?

Le seuil est désormais fixé à 2,75 GWh (10 TJ) de consommation annuelle moyenne. Anticipez et suivez vos consommations dès maintenant avec Pilott.

Quelle différence entre mix primaire et mix final ?

Le mix primaire concerne l'énergie telle qu'extraite (naturelle)

Le mix final représente l'énergie consommée par l'utilisateur après transformation (électricité, chaleur).

Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité ?

L'amende peut atteindre 2 % du chiffre d'affaires hors taxes de l'entreprise.

Comment calculer les émissions du Scope 2 ?

Pour calculer les émissions du Scope 2, appliquez la formule suivante:

Quantité d’énergie (kWh) × Facteur d’émission (kg CO₂e/kWh).

Utilisez des bases comme l'ADEME pour la précision.

L'électricité de la bellenergie Business est-elle vraiment verte ?

Oui. Le fournisseur garantit une offre 100 % renouvelable via le mécanisme officiel des Garanties d'Origine (GO).

Pour les entreprises les plus exigeantes, l'offre VERTVOLT+ assure une électricité à très faible intensité carbone, sourcée exclusivement auprès de producteurs indépendants français (hydraulique, éolien, solaire).

Quelle est la différence entre Scope 1 et Scope 2 ?
  • Le Scope 1 concerne les émissions directes (combustion sur site),
  • Le Scope 2 traite des émissions indirectes liées à l'énergie achetée (électricité, vapeur).
Pourquoi le Scope 2 est-il crucial pour la RSE ?

Il permet de prouver votre engagement dans la transition énergétique et de répondre aux exigences réglementaires.

Quelles économies d'énergie une entreprise peut-elle réaliser sans investissement ?

Il est possible de réduire votre facture énergétique de 10 à 15 % de manière immédiate sans réaliser de travaux lourds. Ces économies reposent exclusivement sur la sobriété énergétique et le changement de comportement des collaborateurs.

À titre d'exemple, le chauffage représente environ 50 % des consommations d'un bâtiment tertiaire : baisser la température de seulement 1°C permet de réduire la consommation de 7 %. De même, l'extinction systématique des lumières et la mise hors tension des équipements informatiques (ordinateurs, serveurs non critiques) permettent d'éliminer des gaspillages qui représentent souvent 40 % des dépenses inutiles.

Que prévoit la PPE 3 pour les mobilités ?

La PPE 3 confirme l'ambition de généraliser la mobilité électrique avec un objectif de 100 % de ventes de voitures neuves électriques en 2035.

Pour accompagner cette transition, le plan prévoit le renforcement des réseaux de bornes de recharge et le déploiement du leasing social.

Pour les transports lourds (aérien et maritime), la feuille de route mise sur le développement des biocarburants et des carburants de synthèse.

Que prévoit la PPE 3 pour les énergies renouvelables ?

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie 3 prévoit une accélération « raisonnée » des énergies renouvelables pour atteindre 60 % d'énergie décarbonée en 2030.

La stratégie repose sur trois piliers principaux :

  • l'hydroélectricité
  • le photovoltaïque (avec un objectif de 55 à 80 GW en 2035)
  • l'éolien en mer (visant 15 GW en 2035).

À l'inverse, le gouvernement prévoit un ralentissement pour l'éolien terrestre, privilégiant la modernisation des parcs existants afin d'apaiser les tensions locales.

Comment être exempté de l'audit énergétique ?

Une certification ISO 50001 (Système de Management de l'Énergie) permet d'être exempté.

Comment mobiliser les collaborateurs autour d'un projet de sobriété énergétique ?

La réussite d'un projet collectif énergie repose sur trois piliers fondamentaux :

  • La visibilité : On ne gère bien que ce que l'on mesure. Partager les données de consommation via des outils comme l'application Pilott donne un sens concret aux efforts fournis.
  • L'incarnation : Nommer des ambassadeurs énergie internes permet de diffuser les bonnes pratiques par l'exemple et de lever les freins opérationnels propres à chaque métier.
  • La gamification : Transformer la contrainte en défi (challenges inter-services, concours de l'équipe la plus sobre) crée une dynamique positive et renforce la cohésion d'équipe autour des enjeux RSE.

Pourquoi la PPE 3 combine-t-elle énergies nucléaire et renouvelables ?

Le gouvernement mise sur un duo nucléaire-renouvelables pour garantir une souveraineté énergétique totale et atteindre la neutralité carbone en 2050.

Le nucléaire assure un socle de production stable, pilotable et compétitif.

De son côté, le déploiement massif des énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse) permet de répondre rapidement à la hausse de la demande d'électricité liée à l'électrification des usages et à la sortie des énergies fossiles.

Quelle est la date limite pour réaliser le premier audit ?

Les entreprises concernées doivent finaliser leur audit au plus tard le 11 octobre 2026.

Les réponses à vos questions

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