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Le bilan carbone : comprendre et mesurer les émissions Scope 3

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Le bilan carbone : comprendre et mesurer les émissions Scope 3

Mis à jour le

March 5, 2026

6

min de lecture

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Dernier chapitre de notre série consacrée au bilan carbone : le scope 3.
Cette catégorie recense toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) indirectes produites par les activités d’une organisation.

Générées en amont et en aval de l’entreprise, ces émissions carbone sont les plus difficiles à mesurer et à maîtriser. Pourtant, elles représentent de 80 à 90 % des émissions GES totales d’une entreprise. Il est donc urgent de les réduire pour répondre au défi climatique et atteindre l’objectif fixé par l’Accord de Paris.

Pour réduire les émissions carbone de votre entreprise et limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 °C d’ici 2050, des solutions existent.

Tour d’horizon.

Qu’est-ce que le Scope 3 du bilan carbone ?

Dans le bilan carbone, le scope 3 mesure les quantités de gaz à effet de serre émises indirectement par l’organisation, à l’exception des émissions indirectes liées aux consommations énergétiques. Ces dernières entrent dans le périmètre du scope 2.

Les gaz à effet de serre

Les gaz à effet de serre - Les Cahiers du Développement Durable

Le scope 3 est le périmètre d’émissions carbone le plus large et le plus complexe à évaluer. Il concerne une multitude d’acteurs tout au long de la chaîne de valeur des biens et services produits par l’entreprise.

Au total, 15 postes d’émissions sont identifiés, dont :

     
  • L’extraction et la transformation des matières premières.
  •  
  • Le transport en amont et en aval de l’entreprise.
  •  
  • L’activité des fournisseurs et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
  •  
  • L’utilisation finale par les clients des produits et des services et leur fin de vie.
  •  
  • Le traitement des déchets générés par les activités de l’entreprise.
  •  
  • L’acquisition ou la location des équipements, matériels et biens mobiliers et immobiliers nécessaires aux activités de l’entreprise.
  •  
  • Les déplacements domicile-travail et professionnels.
  •  
  • Les investissements avec la prise en compte des émissions de GES produites par les tiers via l’acquisition de titres financiers.
  •  
  • Les franchises.
  •  
  • Le leasing, avec la prise en compte des émissions carbone provenant de l’exploitation des actifs détenus par l’entreprise.

💡
Bon à savoir
depuis le décret n° 2022-982 du 1er juillet 2022, le scope 3 est inclus dans le bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES) obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés

Pourquoi réaliser votre bilan carbone et réduire vos émissions de gaz à effet de serre scope 3 ?

     
  • Limiter l’empreinte carbone et l’impact environnemental de l’entreprise.
  •  
  • Bâtir et mettre en place une politique exemplaire de RSE (responsabilité sociale des entreprises).
  •  
  • Garantir la conformité à la réglementation environnementale.
  •  
  • Rassurer les clients, collaborateurs, investisseurs et autres partenaires, de plus en plus exigeants en matière d’environnement et de santé.
  •  
  • Véhiculer une image positive d’entreprise durable, engagée dans la transition énergétique.
  •  
  • Réaliser des économies d’énergie et baisser la facture énergétique.

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Quelles méthodes pour mesurer les émissions de GES du Scope 3 ?

Calculer les émissions de gaz à effet de serre du scope 3 du bilan carbone exige de combiner plusieurs méthodes et sources d’information. S’il est impossible de connaître avec exactitude les émissions carbone indirectes, l’enjeu est d’obtenir l’estimation la plus précise et exhaustive possible.

Recenser les émissions carbone des parties prenantes

Les émissions carbone indirectes sont générées par des tiers de l’entreprise. La coopération avec les fournisseurs, clients et autres partenaires est essentielle pour collecter des données les plus précises et complètes.

Envoi de questionnaires standardisés, audits, visites sur sites sont autant d’outils à disposition des entreprises pour recueillir les informations sur les émissions carbone des parties prenantes. Au préalable, la cartographie exhaustive des activités et des fournisseurs doit être dressée afin de n’oublier aucun maillon de la chaîne de valeur.

Recourir aux facteurs d’émission sectoriels

En l’absence de données précises sur les émissions de gaz à effet de serre d’une activité, d’un produit, d’un service ou d’un matériau, les entreprises peuvent procéder elles-mêmes au calcul.

Pour cela, elles doivent connaître la quantité et le facteur d’émission sectoriel, puis appliquer la formule suivante :

Quantité d’émissions GES = quantité consommée (exprimée dans l’unité du produit) x facteur d’émission physique (quantité de CO2 émise par une unité).

Pour les services immatériels, le facteur d’émission monétaire s’applique :

Quantité d’émissions GES = prix du produit ou service x facteur d’émission monétaire (exprimé en kgCO2e par k€ HT)

Les facteurs d’émission sectoriels sont disponibles dans la Base Empreinte® de l’ADEME, ou dans des bases de données sectorielles internationales comme le Green Gas Protocol (GHG Protocol), le Carbon Disclosure Project (CDP) ou le Science-Based Targets initiative (SBTi).

Utiliser l’Analyse de Cycle de Vie (ACV)

L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) mesure l’impact environnemental d’un produit ou d’un service tout au long de son cycle de vie. Le calcul inclut l’extraction, la transformation et le transport des matières premières, la fabrication du produit, la distribution, l’utilisation et la gestion de la fin de vie.

L’entreprise peut se baser sur des logiciels, bases de données et études existantes pour estimer les émissions de gaz à effet de serre générées par les produits fabriqués ou les services rendus.

Modéliser

L’entreprise peut aussi recourir à des logiciels et outils spécialisés basés sur des modèles économiques et sectoriels. Pour calculer ses émissions carbone indirectes, elle peut par exemple ramener à son échelle les émissions de gaz à effet de serre constatées au niveau national ou sectoriel.

Quelles stratégies pour réduire les émissions carbone du Scope 3 ?

Les émissions de gaz à effet de serre du scope 3 représentent jusqu’à 80 à 90 % du bilan carbone d’une organisation. Le scope 3 identifie les opportunités pour les réduire et déployer une gestion durable de la chaîne de valeur. L’entreprise peut agir directement sur certains postes d’émissions. D’autres actions nécessitent une coopération étroite avec ses parties prenantes, notamment les fournisseurs.

Réduire les déplacements des salariés

Les déplacements sont un poste d’émissions carbone majeur du scope 3 sur lequel l’entreprise peut agir directement. Les solutions sont multiples pour réduire l’empreinte carbone des transports :

     
  • Encourager le covoiturage, la mobilité collective et la mobilité douce pour les déplacements domicile-travail : les entreprises françaises disposent d’outils incitatifs comme le forfait mobilités durables (FMD) et la prise en charge partielle des abonnements aux transports en commun.
  •  
  • Limiter les déplacements domicile-travail en instaurant une part de télétravail.
  •  
  • Réduire les déplacements professionnels en favorisant les réunions à distance par visioconférence.
  •  
  • Investir dans une flotte de véhicules d’entreprise électriques pour une mobilité plus décarbonée.

Privilégier des transports bas carbone

Le transport en amont et en aval pèse lourd dans le bilan carbone d’une entreprise. Ce poids peut être réduit via une politique de transport plus durable :

     
  • Choisir des modes de transport à plus faibles émissions de GES comme le transport ferroviaire ou maritime.
  •  
  • Privilégier le transport lourd roulant au bioGNV, au biogaz ou à l’hydrogène.
  •  
  • Réduire les distances de transport et optimiser les itinéraires.

Optimiser la chaîne d’approvisionnement

Les émissions de gaz à effet de serre tout au long de la chaîne d’approvisionnement ne dépendent pas directement de l’entreprise. Mais celle-ci peut les limiter en déployant une politique d’achat durable :

     
  • Choisir des matières premières et matériaux durables, recyclés ou réutilisés pour réduire les émissions carbone liées à l’extraction et à la production.
  •  
  • Acheter local en privilégiant la proximité géographique avec les fournisseurs pour réduire les émissions carbone liées au transport.
  •  
  • Construire des stratégies communes de réduction des gaz à effet de serre en partenariat avec les fournisseurs et soumettre leur choix au respect de l’atteinte d’objectifs chiffrés.
  •  
  • Inclure des critères environnementaux dans les processus de sélection des fournisseurs et évaluer régulièrement leur impact environnemental.

Réduire les déchets

Autre poste d’émissions de gaz à effet de serre sur lequel l’entreprise peut agir directement : la réduction des déchets via la promotion de l’économie circulaire :

     
  • Minimiser les déchets à la source dès la conception des produits.
  •  
  • Favoriser la réutilisation et le recyclage des matériaux et produits en fin de vie.
  •  
  • Éco-concevoir des produits durables, réparables et modulaires.
  •  
  • Encourager le tri sélectif et le compostage.

Le scope 3 du bilan carbone mesure les émissions de gaz à effet de serre indirectes de l’entreprise.

Vous souhaitez maîtriser significativement l’impact environnemental de votre entreprise ? Si le spectre est large et le calcul complexe, vous devez impérativement réduire les émissions carbone du scope 3.

Vous pouvez agir via la mise en place de pratiques durables et innovantes et de partenariats étroits avec les acteurs de votre chaîne de valeur. Réduire les émissions carbone, c’est aussi pour vous l’opportunité de réaliser des économies d’énergie.

Sirenergies vous accompagne pour relever ce défi majeur. Affirmez votre engagement en faveur de la lutte contre le changement climatique et contactez nos experts pour bâtir une stratégie énergétique sur-mesure.

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Par Emmanuel Sire, co-fondateur de Sirenergies

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4.9

Les réponses à vos questions

Pourquoi le Scope 2 est-il crucial pour la RSE ?

Il permet de prouver votre engagement dans la transition énergétique et de répondre aux exigences réglementaires.

Quelle est la date limite pour réaliser le premier audit ?

Les entreprises concernées doivent finaliser leur audit au plus tard le 11 octobre 2026.

Quel est le nouveau seuil de consommation pour l'audit en 2026 ?

Le seuil est désormais fixé à 2,75 GWh (10 TJ) de consommation annuelle moyenne. Anticipez et suivez vos consommations dès maintenant avec Pilott.

Pourquoi la PPE 3 combine-t-elle énergies nucléaire et renouvelables ?

Le gouvernement mise sur un duo nucléaire-renouvelables pour garantir une souveraineté énergétique totale et atteindre la neutralité carbone en 2050.

Le nucléaire assure un socle de production stable, pilotable et compétitif.

De son côté, le déploiement massif des énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse) permet de répondre rapidement à la hausse de la demande d'électricité liée à l'électrification des usages et à la sortie des énergies fossiles.

Que prévoit la PPE 3 pour les mobilités ?

La PPE 3 confirme l'ambition de généraliser la mobilité électrique avec un objectif de 100 % de ventes de voitures neuves électriques en 2035.

Pour accompagner cette transition, le plan prévoit le renforcement des réseaux de bornes de recharge et le déploiement du leasing social.

Pour les transports lourds (aérien et maritime), la feuille de route mise sur le développement des biocarburants et des carburants de synthèse.

Que prévoit la PPE 3 pour les énergies renouvelables ?

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie 3 prévoit une accélération « raisonnée » des énergies renouvelables pour atteindre 60 % d'énergie décarbonée en 2030.

La stratégie repose sur trois piliers principaux :

  • l'hydroélectricité
  • le photovoltaïque (avec un objectif de 55 à 80 GW en 2035)
  • l'éolien en mer (visant 15 GW en 2035).

À l'inverse, le gouvernement prévoit un ralentissement pour l'éolien terrestre, privilégiant la modernisation des parcs existants afin d'apaiser les tensions locales.

Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité ?

L'amende peut atteindre 2 % du chiffre d'affaires hors taxes de l'entreprise.

Quelle est la part des énergies renouvelables dans le mix français en 2025 ?

En 2025, la France accélère sa trajectoire vers la neutralité carbone.

Cette même année, la France bat même un record historique en atteignant 95,2% d'électricité bas-carbone.

Découvrez comment Sirenergies intègre ces sources dans votre stratégie d'achat.

Quelles sont les offres d'électricité proposées par la bellenergie Business ?

La gamme E@sy se décline en quatre structures tarifaires pour s'adapter à chaque profil de risque :

  • E@sy Fixe : 100 % de visibilité budgétaire sans variation.
  • E@sy Clic : Prix lissé grâce à des achats échelonnés sur les marchés.
  • E@sy Bloc + Spot : Un mix entre une base sécurisée et une part indexée sur les prix du jour.
  • E@sy Spot : Une offre 100 % dynamique pour profiter des opportunités de baisse en temps réel.
Quelles sont les nouvelles obligations pour le Décret Tertiaire et l'Audit Énergétique ?

Le calendrier 2026 impose deux échéances majeures :

  • la déclaration des consommations 2025 sur la plateforme OPERAT avant le 30 septembre
  • la réalisation d'un audit énergétique avant le 11 octobre pour toutes les entreprises consommant plus de 2,75 GWh/an.

Pour simplifier ces démarches, vous pouvez centraliser vos données de consommation avec la plateforme Pilott de Sirenergies, garantissant ainsi la conformité de vos rapports réglementaires.

L'électricité de la bellenergie Business est-elle vraiment verte ?

Oui. Le fournisseur garantit une offre 100 % renouvelable via le mécanisme officiel des Garanties d'Origine (GO).

Pour les entreprises les plus exigeantes, l'offre VERTVOLT+ assure une électricité à très faible intensité carbone, sourcée exclusivement auprès de producteurs indépendants français (hydraulique, éolien, solaire).

Quelle est la différence entre Scope 1 et Scope 2 ?
  • Le Scope 1 concerne les émissions directes (combustion sur site),
  • Le Scope 2 traite des émissions indirectes liées à l'énergie achetée (électricité, vapeur).
Comment calculer les émissions du Scope 2 ?

Pour calculer les émissions du Scope 2, appliquez la formule suivante:

Quantité d’énergie (kWh) × Facteur d’émission (kg CO₂e/kWh).

Utilisez des bases comme l'ADEME pour la précision.

Comment mobiliser les collaborateurs autour d'un projet de sobriété énergétique ?

La réussite d'un projet collectif énergie repose sur trois piliers fondamentaux :

  • La visibilité : On ne gère bien que ce que l'on mesure. Partager les données de consommation via des outils comme l'application Pilott donne un sens concret aux efforts fournis.
  • L'incarnation : Nommer des ambassadeurs énergie internes permet de diffuser les bonnes pratiques par l'exemple et de lever les freins opérationnels propres à chaque métier.
  • La gamification : Transformer la contrainte en défi (challenges inter-services, concours de l'équipe la plus sobre) crée une dynamique positive et renforce la cohésion d'équipe autour des enjeux RSE.

Quelles économies d'énergie une entreprise peut-elle réaliser sans investissement ?

Il est possible de réduire votre facture énergétique de 10 à 15 % de manière immédiate sans réaliser de travaux lourds. Ces économies reposent exclusivement sur la sobriété énergétique et le changement de comportement des collaborateurs.

À titre d'exemple, le chauffage représente environ 50 % des consommations d'un bâtiment tertiaire : baisser la température de seulement 1°C permet de réduire la consommation de 7 %. De même, l'extinction systématique des lumières et la mise hors tension des équipements informatiques (ordinateurs, serveurs non critiques) permettent d'éliminer des gaspillages qui représentent souvent 40 % des dépenses inutiles.

Comment être exempté de l'audit énergétique ?

Une certification ISO 50001 (Système de Management de l'Énergie) permet d'être exempté.

Quelle différence entre mix primaire et mix final ?

Le mix primaire concerne l'énergie telle qu'extraite (naturelle)

Le mix final représente l'énergie consommée par l'utilisateur après transformation (électricité, chaleur).

Les réponses à vos questions

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