Pollution numérique : Quelle est l'empreinte carbone du numérique ?

il y a 7 mois   •   5 minutes de lecture

Par La Rédaction
Table des matières

En mai 2022, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher a déclaré qu’envoyer un e-mail avec une pièce jointe à plusieurs destinataires consomme plus d’énergie que de laisser la lumière allumée.

Évidemment, cela dépend de nombreuses variables telles que le prix de l’énergie, les ampoules, la surface… Il n’y a d’ailleurs aujourd'hui pas de consensus général sur l’estimation du coût énergétique d’un seul mail.

Dans le combat contre le changement climatique, aucun sujet ne doit être éludé et l’impact sur l’environnement du numérique se doit d'être étudié avec attention afin de créer des data centers et des réseaux informatiques toujours plus résilients. Quel est l’impact de ce secteur sur les émissions de gaz à effet de serre ?

Qu'est-ce que la pollution numérique ?

Pollution numérique : Définition

La pollution numérique désigne tous les impacts du secteur de l’informatique et des technologies de l’information sur l’environnement. Au sens large, cela désigne la construction, l’utilisation et le recyclage (ou non) de toutes les technologies numériques et leurs impacts.

Ces impacts sont divers tels qu’émissions de gaz à effet de serre dans tous les différents processus du cycle de vie des produits. Mais, il peut également s’agir de contamination chimique, disparition d'espèces et de biodiversité, production de déchets électroniques, etc.

Le numérique est-il un des secteurs les plus polluants ?

Aujourd’hui, la part du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre est réduite. Le groupe de réflexion The Shift Project estime que l’empreinte carbone du numérique représentait 4 % du total des émissions en 2019.

Pour l’instant, il ne concurrence pas les secteurs industriels, cependant dans les années à venir l’utilisation de technologies énergivores telles que la réalité augmentée, l'intelligence artificielle, le métavers, le streaming vidéo haute qualité va accentuer ce phénomène.

Aujourd’hui, le streaming vidéo représente près de 60 % des flux internet descendants du monde entier. Le numérique n’est pas encore un secteur responsable d’une part importante des externalités négatives.

On dénote néanmoins que lors du premier confinement lié à la crise du covid en mars 2020, l’Union européenne avait exigé des entreprises responsables des plateformes de streaming (Amazon, Netflix) de réduire leurs débits et la qualité de leurs vidéos.

Comment le numérique pollue-t-il l'environnement ?

La pollution engendrée par le fonctionnement du réseau internet

Le réseau internet est constitué de nombreux composants comme des câbles, des serveurs, des ordinateurs… Ces composants doivent être fabriqués, mais leurs usages a également un coût environnemental.

Le streaming vidéo représente une part galopante des flux de données internet, il faut s'intéresser au mix énergétique des pays qui hébergent ces centres de données. En effet, si ces derniers utilisent des énergies fossiles, leur développement spectaculaire peut engendrer des émissions de gaz à effet de serre, mais également des pénuries de composants.

Le streaming vidéo représenterait près de 1 % des émissions de CO2 au niveau mondial.

La pollution engendrée par la fabrication de nos appareils numériques

Tous ces appareils numériques doivent être fabriqués, et cela, à un coût écologique. En effet, la plupart des composants technologiques sont fabriqués en Asie, le charbon reste la matière première principale en matière de production d'électricité.

Le tissu industriel de ces régions est majoritairement alimenté par des énergies fossiles. En conséquence, ces usines d’électronique et semi-conducteur rejettent une importante quantité de CO2 dans l’atmosphère.

La sobriété numérique est un véritable sujet et une solution en ce qui concerne les appareils de grande consommation. La consommation de smartphone à outrance peut ainsi générer des pénuries de matières premières. Aujourd’hui, les stocks ne sont plus sous tension cependant l’actualité nous a montré que la situation peut évoluer rapidement.

La pollution numérique des Data centers et de l'hébergement

Qu’est-ce qu’un Data Center ? Il s’agit d’un centre qui héberge des serveurs qui stockent les millions de données informatiques.

Ces installations qui peuvent être étendues en termes de surface, sont de gros consommateurs d’électricité :

  • Le système de climatisation est une source importante de consommation d'électricité dans l’objectif de refroidir les data-centers,
  • L’éclairage des locaux, ainsi que le chauffage,
  • L'utilisation en continu d’appareils électroniques.

Ces installations consomment énormément d’énergie. C’est pour cette raison que Google, le géant des moteurs de recherche, a décidé de créer une filiale spécialisée en fourniture d'électricité. De cette manière les coûts sont réduits, Google qui consomme plus de 15 TWh d'énergie (2020) y trouve un réel intérêt.

On estime aujourd’hui que les Data Centers représentent aujourd’hui environ 1,5 % de la consommation électrique mondiale.

data center

Le développement du télétravail

Nous l’évoquions plus tôt dans cet article, l’augmentation des objets numériques du quotidien tels que les ordinateurs, les écrans, smartphones fait courir un risque à l'ensemble de la chaîne de production électronique.

La crise du coronavirus a permis l’émergence du télétravail de masse. En effet, ce mode de vie connaît un succès important dans de nombreuses entreprises, cependant il nécessite de solides réseaux internet.

De nombreuses entreprises ont dû s'adapter en renforçant l’accès à leurs serveurs à distance. Ce mode de vie va connaître une expansion qu’il faut prendre en compte dans le dimensionnement des nouveaux réseaux.

télétravail

L'impact de la 5G

La 5G est une nouvelle technologie de téléphonie mobile. Fondamentalement, en termes d’énergie, la 5G est plus efficace et consomme moins (pour un usage équivalent) que son prédécesseur la 4G.

Cependant, le volume de données qui va être traité par ce système est beaucoup plus important. Ce volume de données à traiter va induire une augmentation de la consommation d'électricité.

Ce système, pour être opérationnel, nécessite de nouveaux équipements et infrastructures réseaux. Ce nouveau matériel renforce les risques de pollution numérique cités précédemment.

téléphone portable 5g

Comment tendre vers une sobriété numérique dans son entreprise ?

La question de la sobriété énergétique est une des clés de la transition énergétique. Il s’agit d’un sujet trop oublié, mais crucial pour la réussite de nos objectifs en matière d’énergie et d’environnement.

Pour cela il faut lutter contre le gaspillage, et réduire nos consommations lorsque cela est possible. Le secteur du numérique s’inscrit pleinement dans ces principes si l’on cherche des solutions à court et moyen terme.

Il existe des solutions telles que la limitation de la qualité des vidéos visionnées, ou encore le changement de ses habitudes avec une utilisation modérée des smartphones.

Cependant, il apparaît plus efficace de se pencher du côté des équipements physiques. La société actuelle nous pousse à toujours consommer plus en achetant de nouvelles versions.

Il est important de savoir faire la part des choses en conservant ses appareils lors de tout leur cycle de vie. La production de déchets électroniques est l’un des grands risques inhérents au développement du secteur.

Les objets connectés vont se multiplier en augmentant toujours plus les quantités de données à traiter par les data centers. L’usage massif de ces technologies engage des débats quant au design des futures infrastructures.

Certaines entreprises sont à la pointe de la recherche et développent des solutions bas carbone afin de garantir le caractère durable et la neutralité carbone des installations de télécommunications.

Les actions à mener en termes de sobriété énergétique sont colossales et ne peuvent être portées uniquement par des initiatives privées. Les pouvoirs publics ont leurs rôles à jouer dans la promotion de la sobriété et la réduction de nos consommations.

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