Futurs Énergétiques 2050 - Résumé complet du rapport RTE

A l’heure de la transition énergétique il est crucial de pouvoir se projeter dans l’avenir et de prévoir plusieurs scénarios. En effet, les pouvoirs publics vont devoir prendre des décisions absolument cruciales concernant l’avenir de l’énergie en France.

Quels sont les moyens de production à privilégier (centrales nucléaires, ENR, biogaz…) ? Quel sera notre niveau de consommation globale d'électricité en 2050 ? Quels seront les nouveaux usages et besoins électriques de demain ?

Ces questions sont essentielles afin de pouvoir construire dans les années à venir, un paysage énergétique français, cohérent et efficace.

La planification a souvent été au centre de tous les développements industriels à grande échelle au cours du XXᵉ siècle. Le programme nucléaire français, démarré dans les années soixante-dix, a été le fruit d’une réflexion autour de l’indépendance de la France d’un point de vue énergétique.

La nécessité de ne pas dépendre des pays exportateurs d’hydrocarbure à pousser la présidence française à accélérer sur le sujet.

Aujourd’hui les réflexions sont différentes. Membre à part entière de l’Europe, la France tente d’imaginer ses futurs besoins par le prisme de la solidarité européenne. Le système électrique est interconnecté et les pays sont dépendants les uns des autres.

En 2021, RTE s'est donc tenté à l'exercice en proposant une étude très sérieuse qui essaye de dessiner les différents scénarios possibles. Nous allons donc tenter de nous immerger dans cette étude très attendue par le monde de l'énergie. Voici le résumé complet des Futurs Énergétiques 2050 par RTE.

La méthodologie de RTE : une approche scientifique essentielle

Le cadrage de l'étude et la consultation publique

Il est crucial d'évoquer de quelle manière cette étude a été réalisée. En effet, généralement chaque théorie évoquée dans le monde de l'énergie fait l'objet de nombreuses questions afin de vérifier sa fiabilité.

Ce secteur étant majoritairement dominé par des ingénieurs, tout manquement à la rigueur scientifique se fait fréquemment retoquer. Il est donc très important de présenter la méthode employée par RTE pour tenter d'imaginer notre futur.

Le projet se découpe en deux grandes phases :

Source RTE

RTE a organisé une consultation publique de grande ampleur qui a réuni près de 4 000 organisations, institutions ou particuliers. Le principe de consultation publique est largement connu et utilisé dans le secteur de l'énergie. Cependant, la quantité et la précision des réponses dénotent d'un véritable intérêt de l'ensemble de la population.

La phase de publication des résultats

Le point d'orgue de ce projet restant la publication des résultats de l'étude le 25 octobre 2021. En effet, après avoir pris des enseignements de la phase de cadrage, puis réalisés les études, le projet prend tout son sens lors de sa publication des données.

Cette étude était très attendue dans le secteur, mais le grand public n'a connu son existence que lors de sa publication.

Ce document est censé servir de boussole en matière d'énergie à destination des pouvoirs publics. Il risque néanmoins de créer beaucoup de débats, et parfois de la confusion. Il suffit de constater pour cela certaines déclarations politiques.

Source : Twitter

Cela tend à démontrer l'importance d'un tel rapport surtout dans les médias et l'espace public de manière générale.

Chez SirEnergies, on aime se fier aux faits et analyser une démarche avant d'en faire la critique. Il s'avère que les efforts de consultation, ainsi que la démarche et les nombreux paramètres analysés nous permettent d'attester du sérieux de cette étude.

Il existe néanmoins certains points à éclaircir que nous verrons dans cet article. Cependant, compte tenu de la complexité de l'exercice, il est tout à fait normal d'y voir apparaître des zones d'ombre.

Le contenu de l'étude de RTE futurs énergétiques 2050

Une analyse exhaustive et détaillée

En tant que gestionnaire du système électrique, RTE est un acteur au cœur de la transition énergétique. Il remplit sa mission de service public, tout en développant ses activités de R&D.

Il s'agit donc d'un acteur qui, grâce à ses compétences techniques et son expérience de gestionnaire de réseau, peut répondre à de nombreuses questions. Le but de cette étude est l'anticipation, pour cela RTE tente donc de modéliser toutes les différentes parties du secteur électrique. Le problème n'est pas seulement physique, mais également économique et social.

Pour mettre en place ces scénarios, RTE utilise de nombreux paramètres :

Source : RTE

Ces paramètres sont nombreux, complexes à capturer et bien souvent incertains. Il est extrêmement ardu d'estimer les moyens de flexibilité de demain. Ils dépendent notamment des incitations économiques.

Le but de cette étude est de tirer de ses paramètres plusieurs scénarios à long terme. L'ensemble de ces scénarios vise la neutralité carbone à l'horizon 2050. Le but de cette étude est donc d'établir plusieurs scénarios réalisables (en tout cas en théorie) afin d'atteindre les objectifs de réductions d'émissions de CO2.

Il faut bien comprendre que cette étude ne vise pas à calculer la situation optimale (la moins coûteuse et la plus efficace) mais plutôt plusieurs scénarios plausibles.

Évidemment ces projections sont soumises à des aléas mais également à de nombreux choix politiques et de société.

Stratégie énergétique 2050- Les différents scénarios à l'étude

RTE a donc mis en place des scénarios de différents mix énergétiques en France à l'horizon 2050. Mais il est également question de différents scénarios de trajectoire de consommation.

Pour simplifier et synthétiser ce travail, nous allons d'abord étudier les trois scénarios qui ne prévoient aucune capacité nucléaire en construction (scénario M).

Scénarios M - Source : RTE

Ces scénarios, sont back-testés à plusieurs reprises, RTE nous apprend que théoriquement il est possible d'accompagner l'électrification des usages grâce à ces différents bouquets.

La part belle est faite aux énergies renouvelables : les panneaux solaires, ainsi qu'à l'éolien qui représentent l'essentiel des moyens de production. Ils font partie d’une stratégie nationale bas carbone censée nous aider à atteindre nos objectifs.

Le M0 est d'ailleurs un scénario sans aucune énergie nucléaire, les deux autres ne disposent pas de nouvelles capacités. Il est tout de même intéressant de noter que RTE n'a pas poussé l'analyse économique du scénario M0. Le développement des énergies renouvelables est néanmoins essentiel reste à savoir dans quelle proportion.

Dans tous ses scénarios, les moyens de flexibilités sont essentiels car ce sont eux qui réduisent l’effet de l’intermittence des ENR. Ils partent notamment tous sur une capacité installée de 1,7 GW de véhicules électriques (V2G Vehicle to grid). En effet, la sécurité d’approvisionnement est fondamentale.

Enfin voici les scénarios N, qui présentent un paysage énergétique français, qui se dote de nouvelles capacités nucléaires.

Scénarios N - Source : RTE

Ces mix électriques sont plus variés et ont pour mérite d'être par la même occasion plus réalistes. Ils mettent en avant les technologies nucléaires, modulables et décarbonées.

On voit donc le corollaire de ce que nous avons dit précédemment : les moyens de flexibilité sont en nette baisse dans ces scénarios.

Source : RTE

Comme nous l’avons dit, il est impossible de dissocier moyens de production et consommation électrique. Différents scénarios se dégagent, avec plusieurs variantes.

Cependant, nous avons décidé de synthétiser les grands enseignements de ce rapport :

  • Peu importe le scénario, la consommation d'électricité est amenée à augmenter dans les décennies à venir.
  • Il paraît pertinent économiquement d’investir dans le nucléaire pour maintenir un cap d’une quarantaine de GW de puissance installée.
  • Il est impossible d’atteindre la neutralité carbone sans un développement important des ENR.
  • Les ENR sont devenus compétitifs et le développement de l’éolien en mer (offshore) constitue une alternative solide.
  • La transition énergétique passera par une modification du réseau électrique. Comme le dit très bien RTE “Dès les prochaines années, les raccordements aux réseaux vont se multiplier et le rythme de raccordement constitue un défi technique et organisationnel”.

Source : RTE

Cette étude est donc exhaustive, dense et comme toute étude prospective : incertaine. Cependant c’est un exercice absolument essentiel afin de donner des éléments de réflexion aux décideurs de demain. L'énergie est une industrie de long voir très long terme. Elle nécessite des investissements, bien souvent massifs.

Avant d’investir, il est crucial de disposer d’éléments tangibles qui peuvent soutenir ou infirmer certains projets d’investissement. C’est le rôle de cette étude, mais nul doute que cet exercice va se multiplier dans le temps afin d’avoir une vision toujours plus précise des défis immenses qui attendent le monde de l’énergie de demain.

Cette étude a également pour mérite de susciter le débat public et permettre ainsi aux citoyens de s’approprier le sujet. Le secteur de l’énergie n’est pas tout à fait comme les autres, il est de première nécessité et mérite que l’on engage ce genre de réflexions de long terme. Il faudra dans tous les cas trouver des technologies économiquement viables afin de se substituer aux énergies fossiles.

N'hésitez pas à consulter notre article pour connaître les différences entre RTE et Enedis.


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