Rapport du GIEC 2022 : une situation alarmante

il y a 2 mois   •   5 min de lecture

Par Emmanuel Sire
Table des matières

Depuis une dizaine d'années, il est impossible d’évoquer les questions climatiques sans évoquer les rapports du GIEC. En effet, ces rapports font consensus en termes de sérieux et de rigueur et sont gage de qualité scientifique en matière de climat.

Le GIEC est une institution internationale qui a vu le jour en 1988 et qui est composée de 195 Etat-membres. Les scientifiques qui la composent s'efforcent de donner une vision la plus détaillée possible du réchauffement climatique, de ses causes et ses répercussions.

Le GIEC a publié 5 rapports d’évaluation (1990, 1995-1996, 2001, 2007, 2013-2014) qui présentent une situation qui se dégrade de publication en publication. L’AR6 est le dernier rapport en date, il est publié en plusieurs parties (2021-2022).

Le défi climatique qui se pose à nous aujourd’hui va induire un changement dans nos modes de consommation d’énergie. Ces rapports sont très importants afin d’anticiper les changements à venir et participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ils constituent ainsi une boussole, en période de transition énergétique.

Nous allons donc tout d’abord présenter quelles sont les missions du GIEC, avant de tenter de comprendre la situation climatique à laquelle nous faisons face aujourd’hui.

Quelles sont les missions du GIEC ?

Qu’est-ce que le GIEC ?

Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a été fondé en 1988 sous l’impulsion de deux institutions internationales : Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Tous les membres adhérents de cette association sont des pays. Le but de cette institution est de donner une vision détaillée et précise de l’état des travaux des laboratoires du monde entier sur la question climatique.

Il s’agit donc d’un groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Ils étudient et synthétisent des milliers d’articles scientifiques publiés à travers le monde. Pour donner un ordre d’idée, le dernier rapport du GIEC se source dans plus de 34 000 articles scientifiques. Ils publient à la suite de cela des rapports d'évaluation.

Une structure participative

Les membres actifs du GIEC sont bénévoles et se réunissent une fois par an en séance plénière afin de décider du fonctionnement et de la stratégie des rapports. Ils adoptent un mode de fonctionnement transparent, toutes les informations se trouvant sur leur site internet.

Le GIEC est composé de différents groupes de travail :

  • Le Groupe de travail 1 scientifique qui étudie le climat et ses effets ;
  • Le Groupe de travail 2 qui se concentre sur l’adaptabilité des sociétés au changement climatique ;
  • Le Groupe de travail 3 qui étudie les potentielles solutions au réchauffement climatique ;
  • Une équipe spéciale qui effectue l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre.

Les rapports du GIEC présentent souvent la même structure. Ils sont composés d’un résumé à destination des décideurs, ainsi que d’un volet technique. Enfin, il existe un rapport complet de l’étude.

Les institutions telle que la COP26 peuvent s’appuyer sur ces rapports afin de promulguer des lois à l’image des accords de Paris. Leur rôle est donc crucial pour évaluer les conséquences du changement climatique.

En termes de budget, le GIEC dépense entre 6 et 9 millions d’euros par an. Les 195 États membres participent de manière libre et volontaire à ce budget. La France contribue régulièrement au budget à hauteur d’un million d’euros.

Quelles sont les conclusions du dernier rapport du GIEC ?

Des risques qui augmentent dans le temps

La dernière publication en date du GIEC est le deuxième volet de l’AR6 (qui est le 6e rapport du GIEC). Ce rapport nous alerte sur les questions de vulnérabilité et d'adaptation des populations et des systèmes économiques. Il a été rédigé par 270 scientifiques de 67 pays.

Les conclusions sont sans appel, il existe une fraction très importante de la population mondiale qui se trouve actuellement en danger à cause du réchauffement climatique.

Il existerait entre 1 et 3,3 milliards de personnes concernées directement par le réchauffement au-dessus de 1,5 degré de la température.

De plus, les différents pays ne sont pas tous sujet au même niveau de risque, ce qui a pour conséquence d’accentuer les inégalités. Le réchauffement climatique est un phénomène global de société qui dépasse ainsi les frontières nationales.

Paradoxalement le continent africain est celui qui contribue le moins aux émissions de gaz à effet de serre. Cependant, cela concentre un grand nombre de risques humains à venir.

carte du monde impact réchauffement climatique
Source : Notre Dame Global Adaptation Initiative

Parmi les risques les plus importants identifiés à ce jour on retrouve :

  • La perte de biodiversité dans le monde (qui entraîne la disparition de faune et de flore de manière irréversible) ;
  • Augmentation des crues des fleuves, rivières et mers. Cela a pour conséquences des inondations massives ;
  • Augmentation des feux de forêts.

Les conséquences déjà visibles du réchauffement climatique

Le nombre de feux de forêts est en constante augmentation dans les régions arides du monde. Le réchauffement climatique agit déjà et provoque la mort de milliers de personnes chaque année. En effet les conséquences les plus importantes et visibles aujourd’hui sont la difficulté d’accès à l’eau ainsi que les risques alimentaires qui en découlent.

Il existe à l’heure où nous parlons, des migrations de population importantes, même au sein des mêmes ensembles régionaux. Ces migrations sont dues à la modification de la faune et flore locales ainsi qu'à des conditions météorologiques complexes.

Aux Etats-Unis, le niveau moyen de l’eau a considérablement augmenté en à peine une décennie. Cela à pour conséquences immédiates de rendre des terres non constructibles et pourrait entraîner à grande échelle des mouvements de population importants.

Le rapport du GIEC 2021 (AR6 1er partie) décrit trois grands phénomènes qui semblent être déjà engagés selon des milliers d’études :

  • La fonte de la calotte glaciaire
  • L’acidification des mers
  • La disparition de plus de 30% d'espèces animales

Où trouver le rapport du GIEC 2021-2022 ?

Le dernier rapport du GIEC est accessible sur le site internet de IPCC. Vous y retrouverez :

En conclusion, la situation est donc plus que préoccupante lorsque l’on synthétise l’ensemble des études les plus précises en matière de climat. Ce dernier rapport insiste sur la dimension sociale du réchauffement climatique, et de quelle manière nous devons être inclusifs dans le design des nouvelles mesures.

Il est clairement établi que pour limiter ses effets, il nous faut une adhésion majeure des populations, des gouvernements et des entreprises. Sans quoi nous risquons de faire face à des catastrophes aux conséquences inéluctables. Ainsi qu'à des mouvements de populations très importants.

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter notre article qui détaille un autre rapport très récent sur l'énergie : Futurs Énergétiques 2050 - Résumé complet du rapport RTE

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