
October 15, 2026
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Paris (France), 15 oct 2026 (AFP) - Le gouvernement a dévoilé jeudi la deuxième phase de son plan d'électrification, avec un accent sur les entreprises et l'industrie, afin de proposer une réponse structurelle à la crise énergétique due à la guerre dans le Golfe, désormais installée "dans la durée".
"Cette crise aura démontré que notre sécurité énergétique ne pouvait plus reposer sur les marchés des énergies fossiles", a déclaré la ministre déléguée à l'Energie, Maud Bregeon.
"Notre responsabilité première est de protéger les Français", a-t-elle ajouté lors d'un discours présentant l'"acte II" du plan gouvernemental. "La seule protection durable reste l'électrification" en la rendant "plus simple, plus accessible et plus avantageuse", a-t-elle martelé.
Après une première partie présentée en avril, cette deuxième phase veut répondre avec 17 mesures aux besoins des ménages, des entreprises, particulièrement les TPE et PME, et des collectivités.
Elle propose aussi des solutions de flexibilité pour rendre les installations électriques davantage pilotables pour consommer l'électricité quand elle est la moins chère.
Les mesures s'articulent autour de trois objectifs afin de faire de l'électrification un levier "efficace" pour "permettre aux Français, aux collectivités et aux entreprises de bénéficier beaucoup plus rapidement des avantages de notre électricité française", a insisté Mme Bregeon.
Le gouvernement n'a pas chiffré ce plan, qui sera financé par les certificats d'économie d'énergie (CEE), des contributions versées par les fournisseurs d'énergie selon le principe du "pollueur-payeur", qui permettent de financer des actions de décarbonation.
Le plan d'électrification vise à réduire la part des énergies fossiles dans la consommation, qui doivent passer d'environ 60 % à moins de 30 % en 2035. Dans le même temps, la part de l'électricité doit passer de 27 % actuellement à 38 % en 2035.
Il s'appuie sur la production électrique française, qui est abondante et décarbonée à 95 % grâce au parc nucléaire et aux énergies renouvelables (hydraulique, éolienne et solaire).
Après le leasing social qui vise à permettre à 140.000 ménages modestes d'accéder à un véhicule électrique, le gouvernement met en place début 2027 un dispositif similaire au profit des TPE-PME pour 20.000 véhicules utilitaires électriques, ainsi qu'un soutien jusqu'à 2.000 euros pour l'achat pour les petites voitures électriques européennes avec ou sans permis.
Ces "quadricycles" dont la vitesse est limitée à 90km/h, capables d'embarquer quatre passagers et d'une autonomie de 150 km, coûteront dès le 1er janvier 2027 aux alentours de 10.000 euros aides déduites.
Côté flexibilité, le pilotage intelligent des équipements électriques domestiques - chauffe-eau, pompes à chaleur et bornes de recharge - doit devenir "le mode de fonctionnement par défaut" afin d'optimiser la consommation d'électricité.
Le plan prévoit ainsi de généraliser les bornes pilotables pour recharger son véhicule aux heures les moins chères de la journée, avec la possibilité de réaliser jusqu'à 35 % supplémentaires d'économies. Un soutien à hauteur de 500 euros pour leur installation sera mis en place à partir du 1er janvier 2027.
Et pour mettre un terme à la "jungle tarifaire" des prix de recharge en station, il promet un "choc de transparence" en rendant obligatoire l'affichage du prix et de la puissance délivrée ainsi que l'édition d'une note de paiement, ce qui n'est pas obligatoire aujourd'hui.
"Les Français vont voir fleurir des totems avec le prix de la recharge électrique et à côté le prix la recharge à essence", explique-t-on au ministère de l'Énergie. "Le gain de pouvoir d'achat de l'électrification devient (ainsi) très visible, très matériel."
Les collectivités territoriales seront accompagnées dans l'acquisition de bus et de cars électriques pour aider les réseaux de transports publics à "sortir progressivement du diesel", et dans l'électrification des réseaux de chaleur, grâce notamment aux pompes à chaleur de grande puissance et à la géothermie, avec aides nouvelles de 100 millions d'euros.
Le gouvernement prévoit aussi une prime de sortie du gaz pour les ménages habitants dans les 109 territoires d'électrification désignés en septembre. "Chaque ménage se déconnectant du réseau de gaz recevra une prime de 1.000 euros", a indiqué Mme Bregeon alors que le gouvernement a décidé une sortie ordonnée du chauffage au gaz partout où c'est économiquement et techniquement possible.
Parmi les autres mesures prévues figure le déploiement de 100 TER avec batteries d'ici à 10 ans alors que 40 % du réseau ferré français reste aujourd'hui non électrifié, et un appel d'offres de 1,2 milliard d'euros pour décarboner l'industrie lourde, notamment la production d'acier ou d'engrais, à travers la production d'hydrogène décarboné.
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