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🚨️Energie: les Européens cherchent à amortir le choc de l'hiver

🚨️Energie: les Européens cherchent à amortir le choc de l'hiver

September 28, 2026

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Bruxelles (Belgique), 28 sept 2026 (AFP) - Les ministres européens de l'Energie se réunissent à Dublin mardi pour tenter d'amortir la flambée des prix des carburants et du gaz, en amont d'un hiver qui s'annonce difficile pour les consommateurs.

Ce rendez-vous informel en Irlande, qui occupe la présidence tournante de l'UE, ne devrait pas déboucher sur des annonces majeures. Mais il sert à coordonner la réponse européenne face à la crise énergétique provoquée par la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz.

En amont de la réunion, le commissaire européen chargé de l'Energie, Dan Jorgensen, a écrit aux Vingt-Sept pour recommander de limiter la demande de gaz et la consommation d'électricité aux heures de pointe.

L'Union européenne veut jouer un rôle de "sensibilisation avant la saison de chauffe à partir de mi-octobre début novembre", souligne Phuc-Vinh Nguyen, expert de l'Institut Jacques-Delors.

La Commission européenne souhaite éviter que les pays européens se précipitent pour remplir leurs stocks, ce qui ferait encore grimper les prix.

Certes, les niveaux de stockage de gaz sont "exceptionnellement bas" à cette période de l'année, autour de 70% en moyenne dans l'UE (82% en France mais seulement 57% en Allemagne ou aux Pays-Bas), mais il n'existe actuellement "aucun risque immédiat pour la sécurité d'approvisionnement", assure Dan Jorgensen.

Très dépendante de ses importations d'hydrocarbures, l'Union européenne n'a pas de baguette magique pour contenir la flambée des prix.

Pour les carburants, les Européens se retrouvent ainsi confrontés à des records à la pompe, avec un gazole à hauteur de 2,23 euros le litre dans l'UE la semaine dernière, contre 1,59 euro fin février.

Avec la crainte que cette hausse alimente un mouvement social d'ampleur, comme celui des gilets jaunes en France en 2018 et 2019.

Face à cette flambée inédite, la Commission européenne recommande un soutien ciblé pour les secteurs les plus touchés et a assoupli ses règles en matière d'aides d'Etat.

Mais la réponse varie grandement d'un pays à l'autre, entre des baisses générales de taxes au Portugal ou en Roumanie et des aides sectorielles en France, déjà dans le rouge budgétairement.

Report en vue de la loi méthane

Pour atténuer l'inflation des carburants, le président français Emmanuel Macron a en outre réclamé à Bruxelles une série "d'assouplissements", dont le report d'un an d'une loi européenne contre les émissions de méthane, un gaz à effet de serre extrêmement polluant.

A partir de 2027, ce texte devait obliger les entreprises importatrices d'hydrocarbures en Europe à surveiller et déclarer les émissions de méthane associées à leurs approvisionnements.

Mais cette loi est combattue par plusieurs pays producteurs d'énergies fossiles, Etats-Unis en tête, qui y voient une contrainte et préviennent qu'elle pourrait freiner leurs exportations.

La Commission européenne semble prête à soutenir un report d'un an, au grand dam des organisations environnementales qui estiment que ce délai n'aura aucun impact sur les prix et marque une nouvelle entaille dans la politique climatique européenne.

La France a également demandé d'autres flexibilités à l'UE, notamment un infléchissement des standards européens de qualité des carburants et des limites d'incorporation de biocarburants dans le gazole, au sujet desquels Bruxelles ne s'est pas prononcé.

Dans ce contexte tendu, l'Union européenne espère que Donald Trump n'interdira pas les exportations de gazole depuis les Etats-Unis, une option évoquée par le président américain pour baisser les prix dans son pays.

Ce serait "une très mauvaise idée", a prévenu la Commission.

Au-delà de l'urgence, Bruxelles martèle que la réponse de fond passera par l'électrification des usages. L'Europe voudrait doubler la part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie en 2040, pour atteindre 46%.

Depuis plusieurs années, l'Europe stagne autour de 23%, car l'électricité coûte nettement plus cher que le gaz et parce que l'Europe peine à se priver des énergies fossiles dans le chauffage des bâtiments et dans les transports.

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