ūüö®ÔłŹPourquoi le G7 appelle √† multiplier par six le stockage d'√©nergie

30 avril 2024   •   3 minutes de lecture

Paris, 30 avr 2024 (AFP) - Les gouvernements du G7 ont appelé mardi à multiplier par six les capacités mondiales de stockage d'électricité d'ici 2030, par rapport à 2022, une croissance indispensable à l'essor des énergies renouvelables attendu pour lutter contre le réchauffement climatique.

- Nécessaire

La batterie, fondement de l'essor des véhicules électriques, est tout aussi indispensable à celui des éoliennes et des centrales solaires, qui ne produisent pas d'électricité 24H/24. Si le monde veut déployer au maximum les énergies vertes, il devra avoir de quoi stocker le surplus d'électricité produite quand il y a beaucoup de soleil ou de vent: pour injecter du courant quand l'usager en a besoin, lors des pics de consommation, ou le soir, ou quand il n'y a pas de vent... "C'est la colle qui tient tout le système" électrique, résume-t-on à l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

En 2023, selon l'AIE, le d√©ploiement de batteries coupl√©es √† des champs √©oliens ou solaires, √† des toitures photovolta√Įques ou encore √† des mini-r√©seaux, a cr√Ľ au rythme in√©dit de 130% par rapport √† 2022.

Les principaux march√©s sont la Chine, puis l'Union europ√©enne, les Etats-Unis. Viennent ensuite Royaume Uni, Cor√©e du Sud, Japon, mais aussi des r√©gions en d√©veloppement dont l'Afrique o√Ļ le solaire avec stockage est vu comme un s√©same pour acc√©der √† l'√©nergie.

Pour autant, les capacités mondiales de stockage devront encore être multipliées par six d'ici 2030, a calculé l'AIE, si le monde veut tripler les renouvelables à cet horizon, comme il s'y est engagé à la conférence de l'ONU sur le climat COP28.

Objectif: remplacer les √©nergies fossiles (charbon, p√©trole, gaz) pour garder le r√©chauffement sous 1,5¬įC par rapport √† l'√®re pr√©-industrielle.

La capacité de stockage nécessaire (batteries et autres) d'ici 2030 est évaluée à 1.500 GW, dont 1.200 GW par batteries.

- Défis

En moins de 15 ans, le co√Ľt des batteries a baiss√© de plus de 90%.

"En Inde, la combinaison solaire photovolta√Įque-batteries est aujourd'hui comp√©titive face aux nouvelles centrales √† charbon. Dans quelques petites ann√©es, ce sera le cas en Chine et face aux centrales √† gaz aux √Čtats-Unis", a plaid√© le directeur de l'AIE, Fatih Birol, le 25 avril lors de la publication d'un rapport sp√©cial.

"Mais ces progrès ne sont pas assez rapides pour nous permettre de tenir nos objectifs en terme de climat et de sécurité énergétique", a-t-il prévenu.

Les co√Ľts devront encore diminuer, a insist√© l'√©conomiste, qui appelle aussi √† diversifier les cha√ģnes d'approvisionnement.

La plupart des batteries sont produites en Chine. Parmi les projets annoncés, 40% cependant se trouvent dans des économies avancées, Etats-Unis ou Europe notamment.

Autre sujet épineux, la ressource en métaux critiques.

Les experts pointent cependant l'arriv√©e future de chimies prometteuses, notamment les accumulateurs √† sodium-ion, √† c√īt√© des lithium-ion actuels. "L'√©volution technologique r√©duira la quantit√© de lithium" n√©cessaire, souligne Brent Wanner, responsable Electricit√© √† l'AIE, lithium, cobalt et nickel √©tant "les m√©taux cl√©s des batteries" aujourd'hui.

- S'organiser

A c√īt√© des batteries, d'autres solutions de stockage sont possibles, mais moins disponibles ou rapides √† d√©ployer.

Parmi elles, les barrages hydroélectriques de type "Step", dont certains existent depuis longtemps déjà, et qui, dotés d'un système de pompage-turbinage, font monter l'eau dans un bassin supérieur quand l'électricité est abondante, pour la faire redescendre et générer de l'électricité quand elle manque.

Autre option: dans un avenir plus ou moins proche, la transformation de l'électricité en hydrogène, stockable et transportable.

Enfin les renouvelables ne devront pas compter sur le seul stockage. Comme c'est déjà un peu le cas, s'y ajoutent d'autres mesures dites de "flexibilité": interconnexions (européennes par exemple), mesures pour "piloter" la demande (agir sur les heures de consommation, heures pleines/creuses...)...

Pour tout cela, il faudra l'action des industriels mais aussi des pouvoirs publics (normes internationales, incitation au recyclage des métaux, etc.), autant d'acteurs qui commencent juste à s'organiser.

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