ūüö®ÔłŹLa Chine, une industrie dominante dans le secteur des √©nergies bas carbone

05 avril 2024   •   3 minutes de lecture

Canton, 5 avr 2024 (AFP) - La Chine a étendu sa domination industrielle au domaine des énergies bas carbone ces dernières années, dans un contexte d'action globale contre le réchauffement climatique. Ce qui n'est pas sans inquiéter les Etats-Unis, l'Europe et d'autres pays.

Washington est particuli√®rement pr√©occup√© par les "surcapacit√©s" de production en Chine, o√Ļ d'importantes subventions vont au solaire, aux v√©hicules √©lectriques et aux batteries, mettant en p√©ril la viabilit√© de ces secteurs chez des concurrents.

La secrétaire d'Etat au Trésor américain Janet Yellen a prévu de soulever ce problème lors de ses discussions avec des responsables chinois de haut rang cette semaine.

Voici un aperçu de la puissance chinoise dans les énergies bas carbone:

Domination solaire

La Chine est le plus gros émetteur de gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique, tels que le dioxyde de carbone.

Mais elle injecte √©galement des milliards dans des √©nergies moins polluantes et dominera un jour les cha√ģnes d'approvisionnement dans le solaire, selon le fournisseur de donn√©es sp√©cialis√©es Wood Mackenzie.

D'après un rapport de ce groupe d'analyse, la Chine a investi plus de 130 milliards de dollars dans l'industrie solaire en 2023.

Avec ces fonds, "la Chine va repr√©senter 80% des capacit√©s de production mondiales de polysilicium, de wafer (plaque de mat√©riau semi-conducteur), de cellules photovolta√Įques et de modules de 2023 √† 2026", ajoute Wood Mackenzie, citant les composants-cl√©s dans la fabrication de panneaux solaires.

Et cela inquiète les Etats-Unis, qui tentent d'augmenter leurs propres capacités de production pour être moins dépendants de la Chine et pouvoir mener leur transition énergétique.

Mercredi, Mme Yellen a dit aux journalistes que Washington n'excluait pas d'imposer des barrières commerciales pour se protéger.

Véhicules électriques

Les exportations chinoises de véhicules ont augmenté de 57,9% sur l'année passée, pour s'établir à un record de 4,9 millions d'unités en 2023.

Ce boom est d√Ľ notamment √† un bond de 77,6% dans le secteur dit des "v√©hicules √† √©nergie nouvelle" (NEV), qui inclut les automobiles 100% √©lectriques et les hybrides rechargeables, avec plus d'1,2 million d'unit√©s, selon les m√©dias officiels citant des donn√©es de l'Association chinoise des fabricants d'automobiles (CAAM).

En 2023, toujours d'après les médias officiels, la Chine a pesé plus de 60% des ventes mondiales de NEV et, cette même année, la production de ces véhicules a grimpé de 36% sur un an pour dépasser 9,6 millions de véhicules.

Batteries en expansion

Le secteur des batteries lithium-ion a lui aussi connu une expansion en 2023, avec une croissance de 25% sur l'année, selon les médias officiels chinois.

Les exportations de ces produits ont elles cr√Ľ de 33% en 2023, aussi sur un an, selon la presse.

Le cabinet d'analyse Economist Intelligence Unit affirme même que la Chine a représenté 57% de la demande mondiale de batteries lithium-ion en 2022.

Des observateurs avertissent cependant que l'industrie est en surcapacité de production.

Déséquilibre extrême

Washington et Bruxelles s'inquiètent de potentiellement voir la Chine renforcer ses capacités de production et augmenter ses stocks à des niveaux tels que les entreprises américaines et européennes seraient incapables de rivaliser sans barrières commerciales.

Les "immenses surcapacités des industries chinoises ne sont pas seulement un défi pour les économies ouvertes, mais font courir le danger de provoquer des forces protectionnistes" dans certains pays, a estimé Joerg Wuttke, président émérite de la Chambre européenne de Commerce en Chine.

La visite de Janet Yellen cette semaine est donc capitale pour faire passer le message aux responsables chinois, a-t-il dit à l'AFP.

La valeur ajoutée industrielle de la Chine est d'environ 30%, bien au-dessus du niveau des Etats-Unis et d'autres pays développés.

Pourtant, la deuxième économique mondiale ne représente que 14% de la consommation mondiale, a noté M. Wuttke, soulignant un "déséquilibre extrême".

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