ūüö®ÔłŹRemaniement : le secteur des renouvelables pr√©occup√© par le rattachement de l'Energie √† Bercy

12 janvier 2024   •   2 minutes de lecture

Paris, 12 jan 2024 (AFP) - La fili√®re des √©nergies renouvelables a exprim√© sa pr√©occupation vendredi de voir dispara√ģtre le minist√®re jusqu'ici pleinement consacr√© √† l'√©nergie, sujet strat√©gique et de forte actualit√© d√©sormais rattach√© au minist√®re de l'Economie de Bruno Le Maire, connu pour son soutien marqu√© √† l'√©nergie nucl√©aire.

La France a disposé pendant 18 mois d'un ministère dédié, une première depuis 15 ans liée aux enjeux de la transition énergétique: climat, sécurité d'approvisionnement, souveraineté... Et cette organisation a porté des fruits, soulignent de nombreux acteurs.

"On peut être surpris de l'absence d'un ministère de l'Energie de plein droit, notamment après qu'on ait connu en 2022 une crise énergie historique, qui n'est pas un sujet derrière nous", souligne Michel Gioria, délégué général de France Renouvelables.

"L'enseignement des 18 mois pass√©s est que si l'on veut une politique √©nerg√©tique efficace, il faut une ma√ģtrise technique, une capacit√© d'√©coute et un suivi tr√®s fin, sur le terrain, de tous les √©l√©ments: nucl√©aire, renouvelables, plan de sobri√©t√©... Il ne faut pas que ce grand minist√®re nous en √©loigne".

Sur le fond, Bruno Le Maire a souvent exprimé son vif soutien à l'énergie nucléaire. Quid des renouvelables?

"Il y a une réalité: l'énorme travail de RTE (le gestionnaire du réseau électrique, NDLR) sur les différents scénarios énergétiques montre que les seuls leviers de production disponibles d'ici 2035 sont les énergies renouvelables", solaire et éolien en premier, relève M. Gioria.

"Les décisions de politiques publiques doivent s'appuyer sur des faits. Tout écart aura des conséquences lourdes pour les Français notamment en termes de sécurité d'approvisionnement et de prix de l'énergie", prévient-il.

Pour le Syndicat des énergies renouvelables (SER), la suppression de ce ministère est "un mauvais signal quant au volontarisme politique" sur la transition énergétique, dit son président Jules Nyssen, qui veut aussi "rendre hommage à Agnès Pannier-Runaucher", la ministre sortante.

Cette réorganisation arrive quelques jours après la publication d'un avant-projet de loi sur la souveraineté énergétique qui a suscité bien des réactions, car il fixe des objectifs chiffrés pour la relance du nucléaire mais aucun pour les renouvelables électriques (solaire et éolien).

"Au moment o√Ļ les maires doivent travailler sur des zones d'acc√©l√©ration des renouvelables, o√Ļ se pr√©pare la planification de l'√©olien en mer, o√Ļ des investisseurs s'interrogent sur le fait de soutenir de futures gigafactories fran√ßaises, les signaux depuis le d√©but de l'ann√©e ne sont clairement pas positifs", dit M. Nyssen.

"Nous ne sommes pas contre une relance du nucl√©aire, mais elle ne peut √™tre un pr√©texte pour dire qu'il n'y a pas de besoin d'√©nergies renouvelables ou pas besoin de se poser des questions sur l'efficacit√© et la sobri√©t√© √©nerg√©tiques. Tout cela se tient, et cette √©quation globale, tout le monde la conna√ģt".

¬ę Tous droits r√©serv√©s. ¬©2024 Agence France-Presse ¬Ľ.

Contactez-nous