đŸššïžLe pĂ©trole finit l'annĂ©e dĂ©primĂ©, le gaz naturel en forte baisse en 2023

29 dĂ©cembre 2023   •   3 minutes de lecture

Londres, 29 dĂ©c 2023 (AFP) - Les prix du pĂ©trole Ă©voluent en lĂ©gĂšre hausse vendredi, mais sans parvenir Ă  accroĂźtre leurs gains avec l'apaisement des craintes de rupture d'approvisionnement par la mer Rouge, et le gaz naturel europĂ©en s'apprĂȘte, lui, Ă  finir 2023 en forte baisse.

Vers 12H45 GMT (13H45 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, en son premier jour d'utilisation comme contrat de référence, prenait 0,56%, à 77,58 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en février, gagnait 0,45%, à 72,09 dollars.

"La menace persistante d'une extension du conflit au Moyen-Orient signifie que les marchés pétroliers doivent rester vigilants quant aux risques liés à l'offre", a commenté Han Tan, analyste d'Exinity. Mais la faible réaction du marché est due au fait que la "prime de risque géopolitique" a déjà été "intégrée dans les prix", a-t-il expliqué.

Les deux références mondiales du pétrole sont en passe de terminer l'année en baisse d'environ 10%.

Les efforts de l'Opep+ (Organisation des pays exportateurs de pĂ©trole et leurs alliĂ©s) pour rĂ©duire la production, de mĂȘme que les tensions gĂ©opolitiques croissantes au Moyen-Orient "sont restĂ©s Ă©tonnamment inefficaces pour stimuler l'appĂ©tit pour le pĂ©trole cette annĂ©e", a rĂ©sumĂ© Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.

Les prix du brut avaient pourtant décollé avec l'offensive du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre, le marché redoutant une escalade géopolitique et des perturbations de l'approvisionnement.

Sans impact immédiat sur l'équilibre entre offre et demande de pétrole, l'attaque avait toutefois suscité de fortes craintes, notamment quant à une implication possible de l'Iran dans le conflit. Le marché avait ensuite rapidement estimé que la guerre ne devrait pas se propager aux pays voisins, importants producteurs et exportateurs de pétrole.

Et l'Opep+ a eu beau sabrer depuis des mois sa production d'or noir, avec des réductions volontaires de certains membres, les prix du brut sont retombés.

La stratĂ©gie de l'alliance avait pourtant fonctionnĂ© pendant un temps, avant de patiner. Le Brent avait mĂȘme frĂŽlĂ© les 100 dollars le baril fin septembre, poussĂ© par les fortes craintes d'un important dĂ©ficit d'approvisionnement du marchĂ© dĂšs la fin de l'annĂ©e.

Depuis, les cours ont fortement dévissé, la perte de puissance du groupe et les désaccords entre ses membres laissant les investisseurs plus sceptiques.

L'Opep et ses partenaires ne contrÎlent désormais qu'à peine plus de la moitié de la production mondiale de brut (50 millions de barils par jour), selon le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), soit la plus faible part depuis la mise en place de l'Opep+ en 2016.

Le retrait le 21 décembre de l'Angola de l'alliance, pays qui refuse de réduire sa production et veut "se concentrer davantage" sur ses propres objectifs, a exposé les tensions au sein du groupe au grand jour.

CÎté gaz naturel européen, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, évoluait vendredi à 32,535 euros le mégawattheure (MWh), en recul de 1,7%.

Les analystes de DNB rappellent que "la demande europĂ©enne de gaz reste faible, mĂȘme si l'on tient compte des variations saisonniĂšres" avec les rĂ©centes vagues de froid.

AprÚs l'attaque du Hamas contre Israël, les prix du gaz avaient momentanément bondi, notamment aprÚs l'annonce de la fermeture d'un important champ gazier israélien.

Des grÚves et menaces de grÚves dans d'importantes installations de gaz naturel liquéfié en Australie, important pays producteur, avaient aussi porté les cours pendant un temps à la fin de l'été.

Mais la tendance reste à la forte baisse, le gaz naturel européen étant en passe de terminer l'année en dégringolade de plus de 57%.

"Jusqu'Ă  prĂ©sent, l'hiver a Ă©tĂ© en moyenne plus chaud que la normale, (...) et les niveaux de stockage de l'Europe sont Ă©levĂ©s, mĂȘme par rapport Ă  l'annĂ©e derniĂšre", a expliquĂ© Lu Ming Pang, analyste de Rystad Energy.

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