ūüö®ÔłŹD√©veloppement des renouvelables: la France peu ambitieuse, juge un rapport

19 d√©cembre 2023   •   2 minutes de lecture

Paris, 19 d√©c 2023 (AFP) - La France, souvent point√©e du doigt pour son retard dans le d√©veloppement des √©nergies renouvelables, est √©galement "√† la tra√ģne" par rapport √† ses voisins europ√©ens en mati√®re d'ambition pour les ann√©es √† venir, estime mardi Greenpeace dans un rapport.

L'ONG, qui se base sur le Plan énergie et climat national (NECP) remis à l'Union européenne par une vingtaine d'Etats-membres, relève que la France est systématiquement dans la deuxième moitié du classement, si on rapporte ces objectifs par rapport à des données comme la population, la superficie du pays et son PIB.

Sur six pays (Allemagne, Espagne, France, Italie, Pays-Bas et Portugal) de plus de dix millions d'habitants, aux développement économique, niveau d'ensoleillement et démarche diplomatique comparables, l'Hexagone se classe même presque systématiquement en queue de peloton en termes d'objectifs pour 2030, selon Greenpeace.

Par exemple, sur le solaire, dans la capacité à installer par superficie d'ici 2030, la France est bonne dernière avec 66 à 77 MW par km2, les cinq autres pays oscillant entre 114 et 416 MW par km2.

Alors que plus de 110 pays ont pouss√© pour un triplement des √©nergies renouvelables d'ici 2030 lors de la derni√®re conf√©rence de l'ONU sur le climat (COP28), "la France doit se fixer pour 2030 un niveau d'ambition de d√©veloppement de l'√©olien terrestre et du solaire photovolta√Įque au moins √©quivalent √† ce que pr√©voient nos plus proches voisins europ√©ens", estime Greenpeace.

Pour contribuer √† limiter le r√©chauffement climatique √† +1,5¬įC, elle devrait cibler, selon Greenpeace, "entre 100 et 120 GW de solaire photovolta√Įque en 2030", contre les 54 √† 60 GW vis√©s actuellement par le gouvernement, et "entre 50 et 55 GW d'√©olien terrestre en 2030" contre l'objectif actuel de 33 √† 35 GW.

"Si on veut √©lectrifier au plus vite transports, industrie, b√Ętiment, on a besoin d'en faire beaucoup plus et d'avoir cette √©lectricit√© renouvelable √† court terme", a d√©clar√© √† l'AFP Nicolas Nace, charg√© de campagne pour la transition √©nerg√©tique pour Greenpeace.

Mais pour le minist√®re de la Transition √©nerg√©tique, "le mix √©lectrique fran√ßais a la particularit√© d'√™tre tr√®s d√©carbon√©". Cela "permet √† notre pays de contribuer de longue date √† la ma√ģtrise des √©missions de gaz √† effet de serre de l'Union europ√©enne", ajoute-t-il, insistant sur la particularit√© du mod√®le fran√ßais, champion du nucl√©aire par habitant.

Cet argument est contesté par Greenpeace, pour qui le nucléaire est "trop lent à déployer pour avoir un impact significatif en 2030".

"On voit que la France en a sous le pied", a réagi Michel Gioria, délégué général du syndicat France Renouvelables, qui salue la démonstration apportée selon lui par cette étude de la possibilité de sortir "plus vite des énergies fossiles".

En revanche, il juge les objectifs préconisés pour le solaire et l'éolien "très ambitieux", et met en garde contre une trop forte révision à la hausse, au détriment de la relocalisation des filières industrielles françaises et européennes qui n'arriveraient pas à suivre, et contre l'importation massive de composants industriels, notamment chinois, qui en résulterait.

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