🚨️Gaz à effet de serre: la France hors les clous car les forêts absorbent moins que prévu

14 septembre 2023   •   2 minutes de lecture

Par La Rédaction

Paris, 14 sept 2023 (AFP) - La France n'a pas respecté ses objectifs en matière d'émissions nettes de gaz à effet de serre l'an dernier, notamment car les forêts et les sols ont absorbé moins de CO2 qu'espéré, selon la dernière version de l'Observatoire climat-énergie publiée jeudi.

"La France ne respecte pas son objectif d'émissions nettes pour l'année 2022. Le principal écart vient de la moindre absorption des émissions par les forêts et les sols", conclut cet observatoire, développé par le Réseau action climat (RAC) avec d'autres partenaires comme l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

Les émissions brutes du pays, chiffre déjà connu, ont atteint 403,8 millions de tonnes équivalent CO2 (MtCO2e) l'an dernier, un chiffre en baisse et dans les clous des objectifs.

Cependant, le chiffre pour les émissions nettes (celles du pays auxquelles a été retranché le CO2 absorbé par les sols et la forêt) a dérapé. "La France dépasse de près de 16 MtCO2e son budget carbone, avec 386,9 MtCO2e émises pour un objectif de 367 MtCO2e", souligne l'observatoire.

L'écart s'explique en bonne partie par une absorption du CO2 par la forêt et les sols, deux puits de carbone naturels, qui n'a pas du tout été à la hauteur de ce qui était attendu. Le séquestration n'a été que de 16,9 MtCO2e sur les 41 MtCO2e fixées dans la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), la feuille de route officielle de la France.

"La baisse des puits carbone ces dernières années, particulièrement dans les forêts, est liée aux sécheresses (renforcées par le changement climatique) aux incendies et aux maladies", souligne l'observatoire, qui note au passage que les données de ce secteur sont difficiles à évaluer.

Le problème de la faiblesse des puits de carbone français est déjà bien identifié.

"Les puits de carbone des forêts ont diminué fortement sur la période récente, à la fois à cause de l'augmentation de la mortalité en forêt, plus forte qu'anticipée, et de la diminution de la croissance des arbres", soulignait en juin le Haut conseil pour le climat (HCC).

Dans son rapport annuel, il formulait plusieurs propositions, comme de "recalibrer" les cibles d'absorption pour les puits de carbone ou de renforcer "l'adaptation des forêts métropolitaines au changement climatique".

Sur le volet énergie, l'Observatoire publié jeudi estime par ailleurs que la situation de la France est "critique", avec "un retard sur les objectifs de baisse de la consommation d'énergie et de développement des énergies renouvelables".


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