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🚨️Prix, disponibilité... Faut-il s'inquiéter d'une nouvelle crise du gaz en Europe?

🚨️Prix, disponibilité... Faut-il s'inquiéter d'une nouvelle crise du gaz en Europe?

March 20, 2026

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Paris (France), 20 mars 2026 (AFP) - Les frappes sur le premier site de production de gaz liquéfié (GNL) au monde, à Ras Laffan, au Qatar, ont fait flamber le prix du gaz sur les marchés et ressurgir le spectre d'une crise gazière, comme lors du début de la guerre en Ukraine en 2022.

Pour les spécialistes, les conséquences pour l'Europe devraient toutefois être plus limitées.

L'Europe moins dépendante au GNL qatari

L'Europe est aujourd'hui beaucoup moins dépendante du gaz liquéfié (GNL) transporté par bateau depuis le Qatar qu'elle ne l'était du gaz russe acheminé par gazoducs, au début de la guerre en Ukraine.

A l'époque, "40% des approvisionnements gaziers de l'Europe" ont été "remis en question", souligne la directrice générale du groupe Engie, Catherine MacGregor dans une interview au Monde.

Si 20% du GNL mondial transite par le détroit d'Ormuz, le GNL "représente environ 15% de l'offre mondiale de gaz", relativise la patronne d'Engie.

Le GNL "ne couvre actuellement que 4% de la demande mondiale totale de gaz", selon l'International gas union.

De plus, ce GNL produit par le Qatar et les Émirats arabes unis "est principalement destiné à l'Asie", souligne Mme MacGregor.

Hausse des factures limitée à ce stade

Les frappes sur les infrastructures de GNL ont entraîné jeudi un accès de fièvre sur les marchés, le cours de l'indice de référence européen grimpant jusqu'à 35%, avant de clôturer à +13% à 61,85 euros du MWh, puis de connaître une accalmie vendredi.

Le prix du gaz se situe à "son plus haut niveau depuis trois ans", souligne le "think tank" IEEFA, mais il est "encore très loin des niveaux atteints en 2022, à près de 320 euros du MWh", rappelle Catherine MacGregor.

En France, pour les ménages dont le contrat est indexé sur les cours du gaz, les tarifs évoluent avec un décalage d'environ deux mois: les prix de mars se répercuteront donc en mai, a rappelé la présidente de la commission de régulation de l'énergie, Emmanuelle Wargon, sur RMC, pour qui la hausse sera limitée, compte tenue de la saison et de la part prépondérante du chauffage.

Mais "si les prix du gaz sont toujours élevés au moment où il recommence à faire froid et donc si ça s'accumule sur toute l'année", l'impact sera plus significatif, a-t-elle prévenu.

Y aura-t-il du gaz à Noël ?

La situation est très variable, selon les pays de l'UE et le niveau actuel de leurs stockages, dont la saison de remplissage commence en avril, en vue de l'hiver.

Selon la carte européenne des stockages au 19 mars, l'Italie, qui possède des capacités parmi les plus importantes, avait des stocks remplis pour près de moitié (44%).

L'Allemagne affichait un taux de remplissage de 22%, similaire à celui de la France, mais qui est moins dépendante au gaz, tandis que les Pays-Bas sont à 7%.

Selon des projections d'Engie, principal fournisseur en France, la France ne devrait pas se retrouver à court de gaz: même en cas de fermeture prolongée du détroit d'Ormuz, "on arriverait à remplir nos stocks jusqu'à 70% avant l'hiver prochain", prédit Mme MacGregor.

Elle indique par ailleurs que "des capacités de liquéfaction vont être mises en service en 2026 aux États-Unis, au Canada, au Mexique", de nouveaux volumes potentiels susceptibles d'"aider à absorber le choc", avant une vague de démarrages plus importante attendue à partir de 2027-2028.

Réduire encore la dépendance

"Aucune économie européenne n'est totalement à l'abri de la hausse des coûts des combustibles fossiles et de ses répercussions macroéconomiques", met en garde Luke O'Callaghan White, du centre de réflexion climatique E3G.

Le prix de l'électricité est notamment en partie corrélé à ceux du gaz. Ainsi, il souligne que les pays les plus dépendants du gaz sont "plus exposés, tandis que ceux qui misent davantage sur les énergies renouvelables sont mieux protégés", et appelle l'Europe à accélérer l'électrification des usages.

En France, le ministère de l'Économie fait valoir que les consommateurs sont "moins exposés à la variation des prix du gaz", grâce à sa combinaison électrique de nucléaire et de renouvelables.

En suivant ses objectifs de déploiement des énergies renouvelables pour 2030, "l'UE pourrait - en une seule année - réduire sa demande de gaz autant que ses importations annuelles de GNL qatari", assure Ana Maria Jaller-Makarewicz, analyste à l'IEEFA.

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