
June 8, 2026
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Bonn, 8 juin 2026 (AFP) - La guerre au Moyen-Orient montre que le monde doit "sortir des combustibles fossiles", dit à l'AFP le président australien des négociations de la COP31, confiant que la prochaine conférence de l'ONU sur le climat aboutira à un résultat "très positif".
"La bonne nouvelle, c'est que la réponse à la crise à court terme et à la crise à long terme est la même, c'est-à -dire, se détourner d'une dépendance à une source d'énergie qui (...) ne va devenir que plus instable", a déclaré lundi dans un entretien à l'AFP Chris Bowen, ministre australien du Changement climatique et de l'Energie, à Bonn.
"La seule chose que nous savons, c'est que ça va devenir plus fréquent et plus grave", ajoute-t-il en marge de réunions techniques au siège de l'ONU Climat dans la ville allemande.
"On doit sortir des combustibles fossiles", juge Chris Bowen.
La guerre s'est traduite par une flambée des cours des hydrocarbures, et la combustion des énergies fossiles est aussi la principale responsable du dérèglement climatique.
"Bien sûr, nous nous sommes concentrés sur l'approvisionnement à court terme", reprend l'Australien.
"Cela m'a demandé de travailler assez dur sur l'approvisionnement en carburant, mais ça s'est très bien passé. Mais à plus long terme, la réponse, c'est moins de dépendance aux combustibles fossiles", estime-t-il.
L'Australie est l'un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL), dont les prix ont flambé en raison du blocage du détroit d'Ormuz. Le pays va obliger les principaux exportateurs du pays à réserver 20% de leur production à la consommation intérieure.
"Chaque pays a un profil en matière de combustibles fossiles. Un pays est soit exportateur, soit importateur de combustibles fossiles - montrez-m'en un qui ne le soit pas. Nous sommes tous dans le même bateau", insiste le ministre.
"Ce n'est pas uniquement la responsabilité des importateurs. Ce n'est pas uniquement la responsabilité des exportateurs. C'est à cela que sert une COP: réunir toutes les parties", selon lui.
Historiquement, l'Australie appartient au camp des "méchants du climat" en tant que gros producteur de gaz et charbon, souligne Simon Bradshaw, de Greenpeace Australie, mais ce statut peut justement l'aider dans les négociations sur la sortie des fossiles, espère-t-il.
La COP30 au Brésil a échoué en novembre à adopter une phrase sur les énergies fossiles face à l'opposition de grands pays producteurs et consommateurs, le consensus étant obligatoire aux COP.
Fin avril, une cinquantaine de pays volontaires ont donc affirmé leur propre consensus lors de la première conférence pour la sortie des énergies fossiles à Santa Marta, en Colombie.
Chris Bowen salue "une contribution positive" de cette coalition, mais reconnaît que le chemin est encore long pour rapprocher les points de vue.
"Est-ce que nous avons un consensus en juin? Non, et je ne m'y attendrais pas non plus. (...) Le consensus arrive en novembre, avec beaucoup de travail", estime-t-il.
Si la Turquie préside et accueille à Antalya la COP31 (9-20 novembre), c'est l'Australie qui est chargée de mener les pourparlers, en vertu d'un compromis politique inédit.
"Ce qui signifie que nous guidons le consensus. Nous parlons donc aux parties de ce qu'elles souhaitent voir, et nous allons tenter d'orienter cela vers un résultat très solide", dit Chris Bowen.
Il a promis une COP "prévisible", ce qui ne signifie pas selon lui "un manque d'ambition".
"Cela indique simplement que nous ne prendrons pas les parties par surprise avec des points à l'ordre du jour à la dernière minute, par exemple. En amont d'Antalya, les gens sauront ce que nous cherchons à accomplir. C'est ce qu'implique une COP prévisible et transparente", explique-t-il.
L'Australien défend encore le modèle des COP, parfois critiquées pour leur manque de résultat ou la capacité d'une poignée de pays récalcitrants à y bloquer les avancées.
"Peu importe ce que je pense du modèle de consensus, nous devons faire avec (...) Mon rôle est de m'assurer qu'on en tire le résultat le plus solide possible", affirme-t-il.
"Nous devons envoyer un signal très positif. Je suis confiant dans le fait que nous le pouvons", conclut Chris Bowen.
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